Le "oui" au rattachement de régions d'Ukraine à la Russie en tête, Zelensky dénonce une farce

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Des membres d'une commission electorale comptent les bulletins de vote apres le referendum sur le rattachement a la russie[reuters.com]
(Crédits : Alexey Pavlishak)

LONDRES (Reuters) - Les premiers résultats partiels en provenance des bureaux de vote ouverts en territoire russe pour les référendums sur le rattachement à la Russie de quatre régions d'Ukraine sous contrôle russe montrent une victoire écrasante du "oui", rapportent mardi les médias officiels russes.

L'Ukraine et ses soutiens occidentaux affirment que ces consultations n'ont aucune légitimité et le président Zelenskty a dénoncé une mascarade et promis que de bonnes nouvelles arriveraient du front "sous peu".

"Cette mascarade dans les territoires occupés ne peut même pas être qualifiée d'imitation de référendum", dans une allocution retransmise par vidéo.

Le vote a été organisé sur cinq jours dans les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson, qui représentent au total environ 15% du territoire de l'Ukraine. Des bureaux de vote ont aussi été ouverts en Russie pour les Ukrainiens présents dans ce pays.

Selon les autorités de Louhansk, où 69% des suffrages ont été dépouillés, 98,5% des votants ont dit vouloir le rattachement à la Russie. A Zaporijia, où le dépouillement est terminé, le oui au rattachement l'emporte à 93,1% contre 87% à Kherson et 93,95% dans la région de Donetsk.

Si le "oui" l'emporte, ces référendums permettraient à Vladimir Poutine de prononcer l'annexion de ces régions à la Russie et de qualifier toute tentative de reconquête de ces territoires par l'Ukraine d'agression contre la Russie elle-même.

Le président russe a laissé entendre le 21 septembre qu'il était prêt à recourir aux armes nucléaires pour défendre "l'intégrité territoriale" de la Russie.

L'Ukraine a averti à plusieurs reprises que toute annexion supplémentaire de territoires par la Russie rendrait impossible la tenue de négociations de paix.

La Russie a déjà annexé la Crimée en 2014 et a reconnu, juste avant de déclencher une "opération militaire spéciale" en Ukraine le 24 février, l'indépendance de territoires de Donetsk et Louhansk tenus par des séparatistes pro-russes.

Le président français Emmanuel Macron a qualifié ces référendums de "parodie" de démocratie et de "provocation supplémentaire" de la part de Moscou dans des territoires en guerre, avec des populations bombardées et déplacées par les combats.

Interrogée par BFM, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a dénoncé une "mascarade" et évoqué de nouvelles sanctions européennes contre la Russie.

"Il n'y aucune sincérité dans les votes qui ont pu être exprimés. (...) Après ces simulacres de référendum, nous adopterons des sanctions. L'Union européenne est en train de mener une consultation pour adopter un huitième train de sanctions dans les jours qui viennent", a-t-elle déclaré.

"Parallèlement, nous avons, au Conseil de sécurité (de l'Onu), qui est sous présidence française, engagé des discussions en vue de l'adoption d'une résolution.(...) La Russie sera seule."

(Rédigé par Mark Trevelyan, version française Bertrand Boucey et Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)

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