La BCE relèvera ses taux autant que nécessaire, dit Villeroy

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Le batiment de la banque centrale europeenne (bce), a francfort[reuters.com]
(Crédits : Wolfgang Rattay)

PARIS (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) relèvera ses taux directeurs autant que nécessaire pour endiguer l'inflation sous-jacente même si le rythme du resserrement monétaire pourrait ralentir après la fin de l'année, a déclaré mardi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

François Villeroy de Galhau, également gouverneur de la banque centrale française, a déclaré que l'inflation "de base", qui exclut l'énergie et les produits alimentaires non-transformés - deux catégories volatiles - était trop généralisée et trop élevée dans la zone euro.

"Nous relèverons les taux autant que nécessaire pour faire baisser l'inflation sous-jacente", a-t-il dit lors d'une interview au quotidien néerlandais NRC.

"Cela aura un effet positif sur le produit net bancaire des banques; les banques européennes sont donc plus solides que ce que certains craignent", a-t-il ajouté.

Les banques européennes ont été mises sous pression par les marchés financiers ces derniers jours en raison des inquiétudes concernant la santé financière de l'établissement helvétique Credit Suisse. Après la hausse de taux de la BCE de 50 points de base en juillet et de 75 en septembre, François Villeroy de Galhau estime qu'il est important que les prochaines mesures de l'institution restent "ordonnées", ce qui, selon lui, signifie qu'il ne faut pas surprendre les marchés, ni resserrer trop brusquement les conditions financières pour les ménages et les entreprises.

François Villeroy de Galhau a déclaré que la BCE devrait relever ses taux "sans hésitation, d'ici la fin de l'année" pour parvenir au taux neutre, qui ne stimule ni ne freine la croissance. Il estime que ce taux neutre se situe à un niveau "inférieur ou proche de 2%".

Après cela, la BCE entamera la deuxième étape de son cycle de normalisation monétaire, qui sera, selon lui, "plus souple et peut-être plus lent".

"Je ne dis pas que les hausses de taux s'arrêteront là, mais nous devrons procéder à une évaluation complète de l'inflation et des perspectives économiques", a-t-il ajouté.

(Reportage Leigh Thomas, version française Laetitia Volga, édité par Sophie Louet)

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