Front syndical contre le report de l'âge de départ à la retraite

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Des manifestants lors d'une manifestation a nice[reuters.com]
(Crédits : Eric Gaillard)

PARIS (Reuters) - L'ensemble des organisations syndicales ont réaffirmé mardi leur opposition à toute réforme des retraites décalant l'âge légal de départ à la retraite ou augmentant la durée de cotisation et ont menacé de "construire tous les moyens d'action nécessaires" si le gouvernement maintenait un tel projet.

Cette mise en garde figure dans un communiqué commun signé par la CFDT, CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU et des organisations syndicales étudiantes.

Elle intervient à la veille d'une réunion de concertation au ministère du Travail en vue de préparer d'ici Noël un projet de loi dans lequel l'exécutif souhaite inscrire un report progressif de l'âge de départ à 65 ans en 2031.

Les organisations syndicales se disent prêtes à discuter de dispositifs de carrières longues, de pénibilité et d'usure au travail, d'emploi des seniors ou encore de minimum retraite, des sujets, qui, selon elles, "ne nécessitent pas de réforme paramétrique".

"Les organisations syndicales réaffirment ainsi qu'elles sont, comme la majorité de la population, fermement opposées à tout recul de l'âge légal de départ en retraite et à une augmentation de la durée de cotisation. Pour l'intersyndicale, des alternatives y compris financières existent et doivent faire l'objet de discussions", écrivent-elles.

"Nos organisations appellent les actuels et futurs travailleurs et les travailleuses à se réunir et débattre, et n'hésiteront pas à construire tous les moyens d'action nécessaires si le gouvernement demeurait arc-bouté sur son projet", ajoutent-elles.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, s'est dit prêt mardi à un "maximum de compromis".

"Je sais très bien que tous les désaccords ne seront pas faciles voire impossibles à surmonter", a-t-il déclaré lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"NOUS POUVONS NOUS RETROUVER"

"Nous avons un objectif : sauver le système par répartition, garantir sa soutenabilité, sa durabilité, l'améliorer avec de meilleures pensions, avec une meilleure prise en compte de la pénibilité, avec une meilleure prise en compte des carrières hachées, autant d'objectifs sur lesquels nous pouvons nous retrouver", a-t-il ajouté.

Pour l'exécutif, un recul de l'âge de départ à la retraite s'avère nécessaire pour rétablir les comptes du système amenés à se détériorer dans les années à venir et pour dégager des marges budgétaires afin de financer d'autres réformes, comme la transition écologique.

Pour Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, le gouvernement ne fléchira pas sur la question de l'âge, le recul envisagé permettant de générer quelque 8 milliards d'euros bruts d'ici la fin du quinquennat.

"Ce qui a été soumis à la concertation, ce sont des éléments très importants de la réforme, c'est-à-dire la prise en compte des carrières longues, de la pénibilité et des paramètres qui permettront de garantir que l'âge légal ne touche pas tout le monde de la même manière", a-t-il dit mardi sur LCI.

Pour la Cour des comptes, qui a publié son rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale mardi, il est nécessaire d'agir sur l'âge pour restaurer la soutenabilité du système de retraite. L'institution appelle néanmoins à faire preuve d'équité entre générations et au sein de chaque génération.

(Rédigé par Caroline Pailliez, avec la contribution de Jean-Stéphane Brosse édité par Sophie Louet)

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