Italie : Les regards tournés vers Edison avec la renationalisation d'EDF

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Le siege d'edf dans le quartier financier de la defense a paris[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

MILAN (Reuters) - Avec la renationalisation en cours d'EDF, les regards sont désormais braqués sur Edison, des fonds d'investissement et des groupes énergétiques se préparant à l'éventualité d'une mise en vente de la filiale italienne de l'entreprise française, ont dit à Reuters trois sources.

L'Etat a déposé mardi son offre de rachat au prix de 12 euros par action sur les quelque 16% du capital d'EDF qu'il ne détient pas encore, donnant le coup d'envoi d'une renationalisation complète censée lui permettre de mener à bien les projets confiés à l'électricien sur fond de lutte contre le changement climatique et de flambée des prix de l'énergie.

Le prix est identique à celui dévoilé le 19 juillet lors de la présentation détaillée par le gouvernement du projet de renationalisation totale de l'entreprise.

L'Etat s'est engagé "irrévocablement" à acquérir au prix unitaire de 12,00 euros la totalité des actions qu'il ne détient pas, a précisé l'Autorité des marchés financiers dans un avis. Il propose également un prix unitaire de 15,52 euros sur les obligations "océanes" 2024 existantes.

L'offre devrait courir du 10 novembre au 8 décembre prochains, selon un calendrier fourni par l'Etat dans un communiqué détaillant l'opération.

EDF pourrait parallèlement décider de mettre en vente sa filiale italienne Edison, qu'elle détient depuis 2012 et qui produit et distribue de l'électricité à partir de sources d'énergie traditionnelles et renouvelables.

"Si l'on regarde les transactions récentes impliquant des groupes italiens d'énergie renouvelable, la valeur d'Edison peut être estimée à environ 8 milliards d'euros", a déclaré l'une des sources.

Pour Edison, le moment est peut-être venu de se séparer de sa maison-mère après avoir achevé son retrait de l'activité d'exploration et de production cet été.

Le fonds d'infrastructure italien F2i, la société d'investissement française Ardian, l'opérateur tchèque d'électricité et d'infrastructures EPH ainsi que plusieurs grands groupes énergétiques italiens pourraient s'intéresser à Edison, ont encore dit les sources.

F2i et Ardian n'ont pas souhaité faire de commentaires, tandis qu'EPH n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter.

Interrogé sur le sujet, un porte-parole d'EDF s'en est tenu aux déclarations datant de début d'août, lorsque le groupe a démenti des informations selon lesquelles il envisageait la vente d'Edison.

Le PDG d'Edison, Nicola Monti, a déclaré à Reuters la semaine dernière qu'il ne pouvait pas commenter les changements de gouvernance chez EDF et leur impact sur la filiale italienne, ajoutant qu'Edison avait une situation financière "très solide".

(Reportage Giancarlo Navach et Francesca Landini, avec Elisa Anzolin et Elvira Pollina à Milan et Benjamin Mallet à Paris, version française Matthieu Protard, édité par Tangi Salaün)

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