France : Nouveau surcoût pour les électro-intensifs, alerte l'Uniden

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Des lignes electriques devant la centrale nucleaire du tricastin a saint-paul-trois-chateaux, france[reuters.com]
(Crédits : Eric Gaillard)

PARIS (Reuters) - Le plafonnement des volumes d'électricité d'origine nucléaire à bas prix d'EDF dont peuvent bénéficier les industriels français va gonfler leur facture de quelque 3,5 milliards d'euros, selon les calculs de l'Uniden (Union des industries utilisatrices d'énergie).

Le gouvernement avait annoncé fin octobre cette limitation à 100 térawatts-heure (TWh) - contre 120 TWh cette année - des volumes d'électricité nucléaire que les concurrents d'EDF pourront lui acheter en 2023 dans le cadre de l'Arenh (accès réglementé à l'électricité nucléaire historique), sur fond de lourdes difficultés financières de l'entreprise, en voie de renationalisation complète.

Jeudi soir, la commission de régulation de l'énergie (CRE) a indiqué avoir reçu des demandes d'Arenh corrigées de quelque 148,3 TWh pour 2023, ce qui implique selon l'Uniden une baisse du taux d'attribution des volumes par rapport à 2022, de 74,8% à 67,4%, et donc la nécessité de rachats complémentaires d'électricité à des prix très élevés.

"L'industrie découvre (...) qu'elle devra s'approvisionner d'autant sur les marchés de gros, dans les conditions très défavorables que l'on connaît, soit un impact direct de +30 euros par mégawattheure, ou +3,5 milliards d'euros", fait savoir dans un communiqué l'Uniden, dont les adhérents représentent plus 70% de la consommation d'énergie de l'industrie en France.

"Cette hausse s'ajoute à celle des prix de marché par rapport à la fin 2021, qui vient renchérir le coût de l'approvisionnement en électricité hors Arenh pour 2023", ajoute l'organisation, qui représente des entreprises dans les secteurs de l'aluminium, l'acier, les matériaux de construction, le verre, l'automobile et l'agroalimentaire notamment.

"Le choc de compétitivité global se situera entre 5 et 10 milliards d'euros, soit une nouvelle envolée des factures des industriels, dont certaines pourront doubler."

L'Uniden ajoute que le mécanisme de soutien mis en place par le gouvernement face à l'envolée des prix de l'électricité, liée à la guerre en Ukraine mais aussi à la faible disponibilité des centrales nucléaires d'EDF, "ne permet d'amortir qu'entre 30 et 50% de cette hausse".

L'organisation dénonce une nouvelle fois l'absence de visibilité du système de l'Arenh, qui contraint les industriels "à prendre des positions risquées, dont les conséquences financières peuvent être lourdes", et renouvelle son appel à mettre en place pour les électro-intensifs des "contrats d'approvisionnement en électricité décarbonée compétitifs et sur le long terme".

La CRE a souligné jeudi que la demande d'Arenh pour 2023 s'établissait en baisse par rapport aux 160,05 TWh que les fournisseurs avaient demandés pour 2022, en raison de l'anticipation d'une baisse de la consommation d'électricité en 2023 et de la récente inflexion à la baisse des parts de marché des concurrents d'EDF.

(Reportage Benjamin Mallet ; édité par Blandine Hénault)

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