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Oudéa-Castera appelle à cesser les "attaques personnelles" face à la polémique

reuters.com

Publié le 15 janvier 2024 à 12:58 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 17:48

La nouvelle ministre francaise de l'education nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques amelie oudea-castera, apres la reunion hebdomadaire du cabinet, au palais de l'elysee

La nouvelle ministre française de l'Education nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques Amélie Oudea-Castera, après la réunion hebdomadaire du cabinet, au palais de l'Élysée

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Plongée dans la tourmente d'une polémique depuis sa nomination à la tête d'un super-ministère de l'Education nationale, Amélie Oudéa-Castera a invité lundi à cesser les "attaques personnelles" à son encontre, alors que les appels à la démission se multiplient dans les rangs syndicaux et politiques.

Lors de son premier déplacement vendredi dernier aux côtés de l'ex-ministre de l'Education nationale Gabriel Attal, promu Premier ministre, dans un collège des Yvelines, la ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques a justifié la scolarisation de ses trois enfants dans le privé, révélée par Mediapart, par le "paquet d'heures pas sérieusement remplacées" dans le public.

Elle visait par ses propos une école élémentaire publique, située rue Littré dans le VIe arrondissement de Paris, dans laquelle son fils aîné a été brièvement scolarisé avant d'être admis au sein de l'établissement catholique privé Stanislas, dans le même arrondissement, qui abrite une école élémentaire, un collège et un lycée.

Amélie Oudéa-Castera a trois fils, nés respectivement en 2006, 2008 et 2011, tous scolarisés à "Stan".

Les syndicats de l'Education nationale ont vivement réagi à ces déclarations, dénonçant, pour le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, "des propos lunaires et provocateurs contre le service public d'éducation et ses personnels", la FSU-SNUipp suggérant à la ministre des "budgétisations de postes de remplaçant-es".

Le Snalc, syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, a mis en exergue pour sa part "une histoire intéressante par ce qu'elle dit sur l'abandon de l'école publique par nos dirigeants".

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"IL FAUT CLORE CE CHAPITRE"

La controverse, qui n'a cessé de s'amplifier, a eu également pour effet de relancer l'appel à la grève dans l'Education nationale le 1er février d'une intersyndicale FSU, Fnec FP-FO, CGT Educ'Action et SUD éducation pour les "salaires, contre les suppressions de postes, contre la mise en place des réformes à marche forcée, pour de meilleures conditions de travail".

La ministre a entamé lundi des rencontres avec les syndicats d'enseignants dans une ambiance tendue.

Les représentants du Snes-FSU ont réclamé, en vain, des "excuses publiques" d'Amélie Oudéa-Castera et ont coupé court à la discussion face au refus de la ministre, a précisé sur X (anciennement Twitter) la secrétaire générale du syndicat.

"Nous avons dit la colère de la profession. (...) En guise de réponse, pas d'engagements à traiter nos deux chantiers prioritaires : salaires et conditions de travail", a écrit Sophie Vénétitay.

A ces critiques se sont ajoutées des appels à la démission émanant des rangs de l'extrême gauche et de l'extrême droite.

Priée - par Matignon, selon plusieurs médias - de couper court à cette entrée en matière malvenue pour le gouvernement Attal, Amélie Oudéa-Castéra a exprimé samedi, dans une déclaration écrite, ses regrets d'avoir pu "blesser certains enseignants de l'enseignement public".

Loin de s'éteindre, la polémique a été ravivée par un article publié dimanche par Libération dans lequel l'ancienne enseignante du fils aîné de la ministre à l'école Littré précise que seul ce dernier a été scolarisé dans l'établissement public, six mois en petite section de maternelle, et qu'elle n'a jamais été absente à cette époque.

Se disant "personnellement attaquée", cette enseignante aujourd'hui à la retraite explique que le garçon avait été inscrit à Stanislas au motif que l'école Littré avait refusé son passage anticipé en moyenne section. Répondant au quotidien, la ministre réitère ses regrets et juge nécessaire de "régler ce problème de remplacement" dans le public.

"JE NE SAIS PAS SI ELLE A MENTI"

Désormais accusée de "mensonge", la ministre est restée sur la défensive lundi, soulignant refuser d'"aller plus avant sur le terrain de la vie personnelle et de la vie privée".

"Il y a eu des attaques auxquelles j'ai essayé de répondre avec le plus de sincérité possible et je pense qu'il faut clore ce chapitre-là", a-t-elle déclaré à des journalistes en marge d'une visite au village olympique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) aux côtés du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"Je crois en l'école de la République, je crois en l'école publique, je crois qu'il faut que nous ayons tous beaucoup d'ambition pour elle", a-t-elle ajouté.

Le secrétaire national du Parti communiste (PCF), Fabien Roussel, a estimé lundi sur X qu'il était "temps de démissionner" pour la ministre, tandis que Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), déplorait sur franceinfo un "mensonge" qui la "disqualifie".

A la droite de l'échiquier politique, le président du Rassemblement national (RN) a dénoncé lundi un gouvernement "frappé du sceau du mensonge".

"Ils passent leur temps à mentir délibérément comme des arracheurs de dents (...), ça n'honore pas la politique", a lancé Jordan Bardella lors de ses voeux à la presse.

"Je ne sais pas si elle a menti, je dis simplement qu'elle a expliqué pourquoi son fils a été scolarisé dans le privé", a éludé sur France Inter la nouvelle porte-parole du gouvernement, Prisca Thévenot.

(Rédigé par Sophie Louet, édité par Blandine Hénault)

reuters.com

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