Cyclisme/Tour de France-Les échappés résignés face à la domination des équipes de Pogacar et Vingegaard
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Tour de France
Stephane Mahe
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Stephane Mahe
par Vincent Daheron
PLATEAU DE BEILLE, Ariège (Reuters) - En quatre journées de montagne depuis le début du Tour de France, aucune échappée n'a réussi à contrecarrer les plans et la domination des équipes de Tadej Pogacar et de Jonas Vingegaard pour s'offrir une victoire d'étape, et la résignation commence à gagner le reste du peloton.
Un scénario immuable s'est produit samedi et dimanche dans les Pyrénées avec UAE Team Emirates le premier jour et Visma-Lease a bike le lendemain dans le rôle de contrôleurs d'échappée.
"Aujourd'hui, Visma a roulé pour se venger et ce sont toutes les autres équipes qui paient la note, c'est dur", a admis le Français Romain Bardet (dsm-firmenich PostNL) après la 15e étape.
Sous l'impulsion des coéquipiers des deux premiers au classement général, les fuyards n'ont jamais pris plus de quatre minutes d'avance, une marge insuffisante avant les dernières ascensions au Plat d'Adet samedi et au plateau de Beille dimanche, où Tadej Pogacar s'est imposé à chaque fois.
"S'ils décident de faire le match, on n'a plus rien à espérer. S'ils sont en semi-repos, on a une chance de gagner une étape. Ce n'est pas une déception, c'est un constat", analysait Marc Madiot, le manager général de l'équipe Groupama-FDJ, au soir de la 14e étape.
"Je sais que je ne vais pas gagner à la pédale face à eux, ce sont eux qui décident. C'est comme ça, ils roulent et ils gagnent, ce sont les plus forts. Bravo", admettait, résigné, son coureur David Gaudu, l'un des derniers rescapés repris par le maillot jaune lors du premier jour du week-end.
Sur les pentes du plateau de Beille, l'échappée était pourtant composée de grimpeurs référencés parmi lesquels deux vainqueurs du Giro, l'Équatorien Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) et l'Australien Jai Hindley (Red Bull-Bora-hansgrohe)
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Avec déjà 17'01" d'avance sur Felix Gall (Decathlon AG2R La Mondiale), premier coureur hors du top 10 au général, les favoris n'ont aucune inquiétude à se faire concernant la victoire finale ou les places sur le podium. Mais les bonifications allouées à chaque étape (10 secondes pour le premier, 6 pour le deuxième et 4 pour le troisième) aiguisent l'appétit des duettistes puisque chaque seconde pourrait compter jusqu'à l'arrivée à Nice à l'issue d'un ultime contre-la-montre de 33,7 kilomètres.
"C'est frustrant pour les attaquants. C'est un autre monde, une autre planète", glissait au Plat d'Adet Guillaume Martin (Cofidis), qui ne ménage pourtant pas ses efforts pour tenter sa chance.
"Il faut saisir les opportunités et c'est le peloton, ou plutôt deux équipes qui décident", poursuivait Nicolas Prodhomme (AG2R La Mondiale).
Au-delà de la résignation d'un peloton parfois habitué dans le passé à jouer deux courses en parallèle (l'une pour le général, l'autre pour l'étape), de nombreux coureurs comprennent malgré tout la stratégie des leaders, à l'image de Ben Healy (EF Education-EasyPost), attaquant infatigable.
"Je ne suis pas déçu, c'est juste une course de vélo finalement", déclarait samedi l'Irlandais. "Vous savez, si j'étais Tadej (Pogacar), avec des jambes comme lui, je pense que je courrais de la même façon. Il n'y a pas grand chose à faire."
"Ne surtout pas renoncer", à croire Marc Madiot, pour espérer devenir le quatrième coureur échappé à s'imposer sur cette 111e édition après les Tricolores Romain Bardet, Kévin Vauquelin (Arkéa-B&B Hotels) et Anthony Turgis (TotalEnergies), lors de trois étapes plates ou accidentées mais jamais montagneuses.
"Peut-être que dans les Alpes, les échappées pourront aller jusqu'à l'arrivée", veut croire Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step), troisième au général.
(Reportage de Vincent Daheron, édité par Tangi Salaün)
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