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Israël cherche à engranger des gains stratégiques avant l'élection américaine

reuters.com

Publié le 22 octobre 2024 à 13:11 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 16:22

Des drapeaux israeliens et americains plantes a l'extrieur de l'institut de technologie du massachusetts (mit)

Des drapeaux israéliens et américains plantés à l'extrieur de l'Institut de Technologie du Massachusetts (MIT)

Brian Snyder

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Samia Nakhoul, Tom Perry et James Mackenzie

DUBAI/JERUSALEM (Reuters) - La mort du chef du Hamas Yahya Sinouar a beau apparaître comme un succès militaire d'envergure pour Israël, le gouvernement de Benjamin Netanyahu ne s'en contente pas, cherchant à engranger des gains à plus long terme en remodelant le paysage régional et en infligeant le maximum de dommages au Hamas et au Hezbollah, estiment diverses sources régionales.

Alors qu'approche l'élection présidentielle aux Etats-Unis, Israël s'emploie à créer de facto des zones tampons avec l'objectif d'imposer une situation irréversible à l'arrivée du prochain locataire de la Maison blanche en janvier, ont dit à Reuters huit sources au fait du dossier.

En intensifiant ses opérations militaires contre le groupe armé palestinien et la milice chiite libanaise, Israël veut s'assurer que ses ennemis et leur parrain iranien ne reconstituent leurs forces et menacent à nouveau sa sécurité nationale, indiquent diplomates occidentaux, responsables libanais et israéliens et d'autres sources dans la région.

Le président américain Joe Biden a présenté la mort de Yahya Sinouar, tué mercredi dernier après une fusillade avec une patrouille israélienne dans le sud de la bande de Gaza, comme une occasion unique de mettre fin à la guerre dans l'enclave.

Le chef du Hamas était considéré comme le principal architecte de l'attaque du 7 octobre 2023 à l'origine du conflit.

Mais Benjamin Netanyahu a averti qu'Israël poursuivrait ses opérations sur tous les fronts et riposterait à la salve de missiles tirée le 1er octobre par l'Iran, deuxième attaque directe de Téhéran contre l'Etat hébreu en six mois, menée en représailles à l'élimination par Israël du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah quelques jours plus tôt.

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"UN CHANGEMENT GÉOPOLITIQUE"

"C'est un nouveau paysage, un nouveau changement géopolitique dans la région", affirme David Schenker, ancien secrétaire d'Etat américain adjoint pour le Proche-Orient, aujourd'hui chercheur au Washington Institute.

Avant l'attaque de commandos du Hamas contre des villages et kibboutz du sud d'Israël le 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à 1.200 personnes selon les bilans israéliens, Israël était "prêt à tolérer une menace élevée" en ripostant par des frappes limitées aux tirs de roquettes des groupes palestiniens ou du Hezbollah. "Plus maintenant", ajoute l'ancien diplomate.

"Cette fois, Israël combat sur de nombreux fronts. Le Hamas, le Hezbollah et bientôt l'Iran", assure-t-il.

Les opérations terrestres menées depuis septembre par l'armée israélienne dans le sud du Liban visent à repousser les miliciens du Hezbollah d'une trentaine de kilomètres au nord de la frontière nord d'Israël, sur la rive droite du Litani, et à obtenir le désarmement total de l'organisation chiite.

Les autorités israéliennes font valoir qu'elles font ainsi respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée après la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006 mais ignorée par les deux parties.

La résolution pose le cadre d'un cessez-le-feu permanent entre Israël et le Hezbollah avec la constitution, entre la Ligne bleue séparant Israël et le Liban au sud et le fleuve Litani au nord, d'une zone exempte de toute force armée à l'exception de l'armée libanaise, appuyée par la Finul.

Israël justifie son recours à la force en estimant que ni les soldats libanais ni les casques bleus de l'Onu n'ont réussi à reprendre le contrôle de cette région toujours aux mains du Hezbollah, qui a refusé de désarmer en invoquant la nécessité de défendre le sol libanais.

"A un moment donné, la diplomatie ne suffit plus", a déclaré à Reuters une source diplomatique israélienne.

"PAS DE CADEAU" AVANT LE 5 NOVEMBRE

Des positions de la Finul ont été visées par l'armée israélienne à plusieurs reprises, ce qui a suscité des condamnations de la communauté internationale. Israël réfute avoir délibérément ciblé les casques bleus, tout en accusant le Hezbollah d'opérer depuis des années à proximité de ces postes.

Un responsable des services de sécurité libanais estime que Tsahal cherche à s'emparer de points d'observation stratégiques, précisément là où sont basés les contingents de la Finul.

"Le but des Israéliens est de nettoyer cette zone tampon", ajoute un diplomate spécialiste du Liban-Sud. "Ils veulent pousser leur avantage, être en position encore plus forte pour négocier."

Les émissaires diplomatiques des Nations unies, des Etats-Unis ou d'autres pays s'accordent à dire que la résolution 1701 est une base pour parvenir à une cessation des hostilités, à condition qu'elle soit mieux appliquée et accompagnée de mécanismes contraignants.

L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, dit quant à lui souhaiter "un mandat de la Finul plus robuste pour dissuader le Hezbollah".

Toute modification du mandat de la Finul nécessiterait l'approbation du Conseil de sécurité. Aucune discussion n'est en cours sur le sujet.

Dans la bande de Gaza, Israël a informé l'an dernier plusieurs pays arabes qu'il comptait mettre en place une zone tampon au sein de l'enclave palestinienne, sans qu'on ne connaisse aucun détail sur ce projet.

Aux yeux de responsables palestiniens et des Nations unies, l'offensive en cours des forces israéliennes contre le camp de réfugiés de Djabalia illustrerait l'intention d'Israël de chasser les habitants du nord de la bande de Gaza. Tsahal dément, disant vouloir empêcher les combattants du Hamas de se regrouper dans ce secteur.

En mai dernier, les forces israéliennes se sont déployées dans le couloir dit de Philadelphie, étroite bande de terre le long de la frontière sud de Gaza avec l'Egypte.

"Il n'y aucune raison pour Netanyahu d'arrêter ses guerres avant les élections américaines", estime Marouane al Mouacher, ancien ministre jordanien des Affaires étrangères, qui travaille désormais pour la Fondation Carnegie pour la paix internationale. "Il ne va pas donner à [la candidate démocrate Kamala] Harris tout crédit ou cadeau avant le scrutin."

(Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

reuters.com

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