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Réunion des partis à l'Elysée, la gauche réclame un "changement de cap politique"

reuters.com

Publié le 10 décembre 2024 à 10:44 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 16:12

A censure motion debate at the national assembly in paris

A censure motion debate at the National Assembly in Paris

Stephanie Lecocq

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) -Les ténors de la gauche hors France insoumise ont réclamé mardi un changement de cap politique avant de se rendre à l'Elysée à l'invitation d'Emmanuel Macron, qui souhaite établir avec les partis un "contrat de méthode" à même de protéger de la censure le prochain gouvernement.

En quête d'un Premier ministre depuis le renversement de l'équipe de Michel Barnier la semaine dernière, Emmanuel Macron réunit les forces politiques - hors Rassemblement national (RN) et France insoumise (LFI) - pour échanger avec eux avant la nomination d'un nouveau chef du gouvernement.

Selon le récit de l'entourage du chef de l'Etat, Emmanuel Macron et ses interlocuteurs, au nombre d'une "grosse vingtaine", se sont installés dans le jardin d'hiver de l'Elysée, où les partis engagés "dans une logique de compromis" ont été conviés, ce qui exclut les formations de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, situées aux deux extrêmes de l'échiquier politique.

Membres de la coalition de gauche du Nouveau Front Populaire (NFP) au même titre que LFI, le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français (PCF) et les Écologistes ont accepté le principe de la réunion mais posé leurs conditions.

"Nous conditionnerons une hypothèse d'accord de non-censure et de non usage du 49.3 à un véritable changement de cap politique, qui tienne compte des chantiers prioritaires portés par le Nouveau Front Populaire", indique le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure dans une lettre datée de lundi rendue publique mardi.

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Le PS réclame en outre un Premier ministre issu de la gauche, arrivée au tête au second tour des élections législatives de l'été dernier.

"Nous revendiquons très logiquement que le Premier ministre soit un Premier ministre de gauche" en rupture avec les "sept années du macronisme triomphant", a dit Olivier Faure à son arrivée à l'Elysée.

Venue discuter "sans aucune naïveté", la cheffe de file des Écologistes, Marine Tondelier, a réclamé un "changement de cap", à l'instar des autres forces de gauche conviées.

"On n'a qu'un seul préalable, c'est un changement de politique", a dit sur franceinfo le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

"CONTRAT DE MÉTHODE"

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a appelé sur France 2 ses partenaires du NFP "à ne pas céder aux sirènes et à la tentation du gouvernement d'union nationale et de la grande coalition", sous peine de "renier les engagements programmatiques qu'ils ont pris l'année dernière".

Olivier Faure a regretté l'absence des Insoumis à la réunion de l'Elysée.

"La politique de la chaise vide est une forme d'affaiblissement", a-t-il considéré devant la presse.

Le président du RN, Jordan Bardella, a déclaré pour sa part sur TF1 voir dans l'éviction de son camp de la réunion de l'Elysée "un aveu de l'irrespect et de l'inélégance du président de la République qui, encore une fois, fait comme si 11 millions d'électeurs n'existaient pas".

Selon son entourage, Emmanuel Macron entend proposer à ses interlocuteurs un "contrat de méthode", laissant la construction d'un "socle programmatique" au prochain Premier ministre, dont la nomination est attendue prochainement.

Le chef de l'Etat avait mis deux mois à choisir Michel Barnier, nommé en septembre à Matignon. Il devrait accélérer cette fois, l'absence de gouvernement empêchant l'adoption d'un budget pour 2025, ce qui inquiète les marchés financiers.

"Il faut aller relativement vite, parce que l'incertitude économique, l'incertitude politique et l'incertitude financière marchent ensemble", a dit sur France Inter le premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici. "Il faut rassurer sur la capacité du pays à être gouverné de façon stable."

En attendant, un conseil des ministres étudiera mercredi un projet de loi spéciale afin d'appliquer pour 2025 les choix budgétaires de 2024 et permettre "la continuité des services publics et de la vie du pays", comme l'avait dit Emmanuel Macron lors de son allocation télévisée de la semaine dernière.

(Reportage Elizabeth Pineau et Blandine Hénault, édité par Kate Entringer)

reuters.com

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