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France-Bayrou table sur un gouvernement ce week-end malgré la "consternation" de certains partis

reuters.com

Publié le 19 décembre 2024 à 17:30 - Mis à jour le 19 décembre 2024 à 22:50

Bayrou table sur un gouvernement ce week-end malgre la "consternation" de certains partis

Bayrou table sur un gouvernement ce week-end malgre la "consternation" de certains partis

Photo DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - François Bayrou a dit jeudi soir espérer présenter un gouvernement ce week-end, ou avant Noël au plus tard, après avoir reçu à Matignon les partis "de gouvernement" - allant des Républicains aux communistes - auxquels il a proposé d'intégrer sa future équipe, une invitation s'étant immédiatement heurtée au scepticisme et à la consternation de certains participants.

Au cours d'un entretien sur France 2, le nouveau Premier ministre a appelé à l'unité et exhorté les partis politiques à "prendre leurs responsabilités", prévenant de la "falaise" qui menace et déplorant les "dégâts" causés par la motion de censure ayant fait tomber le gouvernement de Michel Barnier.

"Ce qui nous attend est tellement difficile qu'il faut qu'on s'associe (...) On voit les conséquences de la division. L'obstacle est immense (...) Si on ne réussit pas, ça sera la dernière station avant la falaise", a-t-il déclaré.

Il a également exprimé sa volonté d'engager une réflexion sur la réforme des retraites, comme l'avaient rapporté plus tôt dans la journée ses services après la table ronde en format élargi organisée à Matignon afin d'"éclairer" une trentaine d'interlocuteurs et les "entendre sur les orientations" à venir.

"J'accepte qu'on rouvre tous les sujets" de la réforme des retraites, a-t-il dit sur France 2. "Si on ne trouve pas de solution en commun, on restera avec la loi d'aujourd'hui, ce qui veut dire que chacun est placé face à ses responsabilités", a-t-il ajouté. Ses services ont évoqué un délai de neuf mois pour conclure un accord; le cas contraire, la réforme controversée des retraites votée en 2023 resterait en vigueur.

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Dans une apparente volonté de rassurer, François Bayrou a par ailleurs dit exclure tout recours à l'article 49.3 de la Constitution... sauf "blocage absolu" sur le budget, qu'il espère pouvoir boucler d'ici "la mi-février", a-t-il dit.

A la question de savoir s'il avait le sentiment d'avancer, le nouveau locataire de Matignon a répondu par l'affirmative.

"PAS DE RAISON DE NE PAS LE CENSURER"

Mais la circonspection, voire le désarroi, dominait chez les participants à la réunion, qui a duré environ trois heures. Seuls les partis "de gouvernement" avaient été conviés, ce qui exclut La France insoumise (LFI), le Rassemblement national (RN) et l'UDR d'Eric Ciotti.

Le Parti socialiste (PS) et les Écologistes ont rejeté dès la fin des discussions l'hypothèse d'intégrer le gouvernement, déplorant une absence de cap et le flou des propos du Premier ministre.

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a annoncé que sa formation ne participerait pas au gouvernement, jugeant "très très insuffisant" le bilan de la réunion.

"Nous sommes consternés par la pauvreté de ce qui nous est proposé", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas trouvé de raison de ne pas le censurer."

Une position similaire a été affichée par les Écologistes, la secrétaire nationale du parti, Marine Tondelier, se montrant sans détour: "On lance un petit cri d'alerte en sortant parce que ça ne va pas bien se terminer."

"(François Bayrou) pave pas après pas le chemin de sa propre censure", a-t-elle ajouté devant les journalistes.

Les services de François Bayrou ont indiqué que le Premier ministre, qui a mené des consultations politiques de lundi à mercredi, a formulé au cours de la réunion du jour "une offre publique de participation aux partis politiques".

"Je leur dis: nous ne pouvons pas nous en sortir si nous ne sommes pas ensemble (...) Il faut que tout le monde prenne ses responsabilités", a-t-il martelé sur France 2.

François Bayrou a dit espérer que le nouveau gouvernement soit présenté "dans le week-end". "En tout cas, avant Noël", a-t-il promis, comme rapporté au préalable par plusieurs participants à la table ronde organisée à Matignon.

Il a ajouté par ailleurs souhaiter que le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Bruno Retailleau, conserve son poste.

"PÂLE IMITATION DE MICHEL BARNIER"

A l'issue de la réunion, Hervé Morin, président centriste de la région Normandie, a relaté que le Premier ministre préfigure trois "cercles" : ceux qui participent, ceux qui soutiennent, ceux qui refusent.

Chacun est désormais prié de se positionner dans l'un de ces cercles "d'ici demain (vendredi)", a précisé le député communiste de Saint-Saint-Denis, Stéphane Peu, devant les journalistes.

La présidente du groupe écologiste et social à l'Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, a souligné que la censure était "toujours clairement sur la table". "Nous n'avons eu devant nous qu'une pâle imitation de Michel Barnier", a-t-elle déploré.

Aujourd'hui, a-t-elle poursuivi, "nous sommes très loin d'avoir un Premier ministre qui a conscience de l'envie de changement." Les électeurs de gauche "ne veulent pas des miettes, ils ne veulent pas des petites avancées", a-t-elle martelé.

Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, s'est gaussé des propositions de François Bayrou. "Normalement, les adultes ne croient plus au Père Noël", a-t-il écrit sur le réseau social X.

La Droite républicaine, représentée notamment à la réunion par Laurent Wauquiez, a de nouveau posé des conditions à une participation au futur gouvernement.

Elle "suppose une feuille de route claire et partagée. Nous avons donc demandé au Premier ministre de nous faire part de la politique qu'il comptait engager dans les semaines et mois qui viennent", peut-on lire dans un communiqué, qui souligne particulièrement la nécessité d'agir contre "le laxisme et l'immigration incontrôlée".

Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro diffusé jeudi et réalisé en ligne auprès d'un échantillon de 1.005 personnes les 18 et 19 décembre, 65% des Français jugent négativement les débuts de François Bayrou.

(Rédigé par Sophie Louet et Jean Terzian, avec la contribution de Michel Rose et Bertrand Boucey)

reuters.com

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