Désaccord entre Washington et Moscou sur la stratégie anti-EI
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Desaccord entre washington et moscou sur la strategie anti-ei
© POOL New / Reuters
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par David Brunnstrom et Gabriela Baczynska
KUALA LUMPUR (Reuters) - La Russie et les Etats-Unis n'ont pas été en mesure de définir une approche commune dans la lutte contre l'organisation Etat islamique (EI), a déclaré mercredi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue de son deuxième entretien en quelques jours avec son homologue américain, John Kerry.
"Nous sommes tous d'accord sur le fait que l'Etat islamique est une menace commune, un mal commun. Nous sommes d'accord sur la nécessité de conjuguer nos efforts pour combattre ce phénomène aussi vite et efficacement que possible", a dit Sergueï Lavrov, dont les déclarations étaient retransmises en direct par la télévision publique russe depuis la Malaisie.
"Pour l'instant, nous n'avons pas une approche commune sur la manière spécifique de le faire au vu de la confrontation entre différents acteurs sur le terrain, y compris des unités armées de l'opposition syrienne", a-t-il ajouté.
Le ministre russe a précisé que les diplomates des deux pays allaient malgré tout continuer à travailler ensemble dans l'espoir de définir une stratégie commune.
Selon un haut responsable du Département d'Etat américain, les deux hommes, qui se sont rencontrés en marge d'une réunion de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) à Kuala Lumpur, ont également évoqué la situation en Ukraine.
Il s'agit de la deuxième rencontre en trois jours entre Sergueï Lavrov et John Kerry: ils s'étaient déjà vus lundi au Qatar en compagnie de leur homologue saoudien, Adel al Djoubeir, pour aborder notamment la question syrienne.
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La situation dans le pays est au coeur des préoccupations des diplomaties étrangères: la Russie tente notamment d'opérer un rapprochement entre le gouvernement de Damas et les puissances régionales, comme la Turquie et l'Arabie saoudite, afin de former une large alliance contre l'EI.
En revanche, les Etats-Unis et certains Etats arabes de la région estiment que toute solution au conflit passe par un départ du président syrien, Bachar al Assad.
"LARGE FRONT ANTITERRORISTE"
Lundi, le chef du département d'Etat américain et ses homologues russe et saoudien "ont reconnu qu'il était nécessaire de trouver une solution politique au conflit (en Syrie) et que les groupes d'opposition devaient jouer un rôle important afin de parvenir à cette solution", selon un responsable de la diplomatie américaine.
Moscou plaide pour une plus large collaboration internationale, soulignant par là que toutes les contributions sont indispensables pour combattre les djihadistes en Syrie.
Selon Sergueï Lavrov, les adversaires les plus déterminés du régime de Bachar al Assad doivent joindre leurs forces à celles de Damas dans la lutte contre l'EI.
Mardi, le ministre russe a rapporté que l'entretien de la veille au Qatar avait porté en particulier sur la formation de ce "large front antiterroriste".
A Téhéran aussi, la crise syrienne est au centre des discussions: le chef de la diplomatie de Bachar al Assad, Walid al Moualem, est arrivé mardi en Iran pour y rencontrer des responsables iraniens et russes.
Il y a affirmé mercredi que le pouvoir syrien était prêt à donner son blanc-seing aux initiatives contre l'organisation islamiste, pourvu qu'elles soient coordonnées avec Damas.
Téhéran et Moscou demeurent les deux plus solides soutiens du régime syrien, auxquels ils fournissent une aide militaire et financière depuis le début des hostilités il y a plus de quatre ans.
(Henri-Pierre André, Simon Carraud et Marc Angrand pour le service français)
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