Défaite de Cameron au Parlement à propos du référendum sur l'UE
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Defaite de cameron au parlement a propos du referendum sur l'ue
© Toby Melville / Reuters
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Defaite de cameron au parlement a propos du referendum sur l'ue
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par Kylie MacLellan et William James
LONDRES (Reuters) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a essuyé une défaite inattendue au Parlement lorsque des élus eurosceptiques du parti conservateur ont uni leurs forces avec l'opposition travailliste pour rejeter les modalités d'organisation d'un référendum sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union européenne.
Il s'agit du premier revers au Parlement de David Cameron depuis sa réélection en mai. Il illustre surtout la persistance des lignes de fracture qui traversent le Parti conservateur au sujet de l'Europe.
Le Premier ministre britannique, qui entend revoir les rapports entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne avant un référendum qui devrait avoir lieu d'ici la fin de 2017, a laissé entendre qu'il voulait rester au sein d'une UE réformée tout en disant ne rien exclure si les négociations avec Bruxelles n'aboutissent pas aux résultats espérés.
Le texte de loi ouvrant la voie à la tenue du référendum a été adopté à une large majorité -- 316 voix pour, 53 contre -- par la Chambre des communes mardi et va donc maintenant être examiné par la Chambre des Lords. Mais le gouvernement va devoir consentir à certains changements après le rejet lundi par les Communes -- par 312 voix contre 285 -- de certaines des modalités proposées pour la tenue du scrutin.
La semaine dernière, David Cameron avait fait deux concessions aux eurosceptiques, acceptant de rendre la formulation de la question sur le référendum plus neutre et de limiter les interventions du gouvernement avant le scrutin.
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Mais, pour nombre de conservateurs eurosceptiques, ces concessions ne vont pas assez loin. Ils estiment notamment que le gouvernement devrait s'imposer un silence total sur tout élément susceptible d'influencer le vote avant le scrutin, comme c'est l'usage avant chaque élection.
37 ÉLUS DU PARTI CONSERVATEUR CONTRE
"Si le grand public a le sentiment que le référendum est faussé pour favoriser une réponse, il aura l'impression qu'il n'est pas légitime (...) et quel que soit le résultat, beaucoup de personnes ne l'accepteront pas", a dit devant le parlement Owen Paterson, élu conservateur et ancien ministre.
La Commission électorale s'est également ému de la dérogation prévue à la règle du silence total avant le référendum, qui, d'après le gouvernement, est nécessaire pour que des responsables britanniques puissent réagir à des événements internationaux concernant l'Europe sans crainte de contrevenir aux réglementations.
Le Parti travailliste a qualifié "d'humiliante" la défaite subie par David Cameron, qui a été surtout été la conséquence de 37 votes contre au sein de son propre parti.
"Le gouvernement n'aurait jamais dû mettre à exécution son projet fallacieux d'aller vite et de prendre des libertés avec les règles sur le référendum", estime Hilary Benn, porte-parole chargé des affaires étrangères du Labour, cité dans un communiqué.
Les eurosceptiques au sein du parti conservateur -- qui avaient fortement fragilisé la position de John Major, Premier ministre d'alors, au début des années 1990 au sujet du traité de Maastricht -- se sont sûrement sentis pousser des ailes au vu de la publication, samedi, d'un sondage montrant qu'une courte majorité de Britanniques est en faveur d'une sortie de l'Union européenne.
(Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten pour le service français)
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