Premières arrestations de migrants à la frontière hongroise
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La police hongroise arrete des migrants a la frontiere avec la serbie
BERNADETT SZABO
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La police hongroise arrete des migrants a la frontiere avec la serbie
BERNADETT SZABO
par Gergely Szakacs et Sandor Peto
BUDAPEST (Reuters) - La police hongroise a annoncé mardi matin avoir arrêté 16 migrants déclarant venir de Syrie et d'Afghanistan et qui ont franchi illégalement la frontière désormais fermée avec la Serbie.
Ils sont soupçonnés d'avoir traversé la barrière de fils de fer barbelés érigée le long des 175 kilomètres de la frontière, ce qui constitue désormais un crime en vertu d'une nouvelle loi entrée en vigueur ce mardi à la première heure.
Neuf d'entre eux affirment être des Syriens, les six autres se disent Afghans. Viktoria Csiszer-Kovacs, porte-parole de la police hongroise, a ajouté que les policiers n'avaient pas été en mesure de confirmer leurs nationalités.
Les migrants, a-t-elle ajouté, "n'ont pas été interpellés en flagrant délit mais capturé à plusieurs centaines de mètres de la barrière frontalière. Il va falloir clarifier comment ils l'ont franchie".
La Hongrie a fermé lundi soir le principal point de passage utilisé par les migrants en provenance de Serbie.
A compter de ce mardi, en vertu d'une réforme de la législation votée en urgence il y a dix jours, les autorités hongroises recueilleront et examineront les demandes d'asile à la frontière avec la Serbie.
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Les demandeurs d'asile seront ensuite transférés par autocar dans des centres d'accueil répartis sur le territoire. Ceux qui refuseront de coopérer seront retenus à la frontière. Ceux qui rentreront illégalement seront passibles de prison.
"CE N'EST PLUS NOTRE RESPONSABILITÉ", DIT BELGRADE
Le Premier ministre Viktor Orban a averti que de nombreuses demandes d'asile seraient rejetées. "Nous demanderons aux réfugiés s'ils ont déposé une demande d'asile en Serbie", a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne privée TV2 qui en a diffusé des extraits sur son site internet. "S'ils ne l'ont pas fait, étant donné que le gouvernement hongrois considère la Serbie comme un pays sûr, nous rejetterons leurs demandes."
Ils risquent de se retrouver dans une impasse puisqu'Aleksandar Vulin, le ministre serbe chargé des migrations, a annoncé que le gouvernement serbe n'accepterait aucun migrant renvoyé en Serbie après être entré en Hongrie.
"Ce n'est plus notre responsabilité", a-t-il dit à l'agence de presse Tanjug. "Ils sont sur le territoire hongrois et je m'attends à que l'Etat hongrois se comporte en conséquence avec eux."
A la veille de ces modifications, quelque 9.380 migrants et réfugiés supplémentaires ont été enregistrés à la frontière serbe par la police hongroise dans la seule journée de lundi, soit le nombre le plus élevé depuis le début de la crise migratoire, rapportent mardi les autorités hongroises.
Des journalistes de Reuters présents à la frontière en ont vu des dizaines d'autres s'infiltrer à travers cette barrière dont la construction n'est pas achevée.
Mardi matin, un demi-millier de personnes se trouvaient du côté serbe de la frontière.
Avec la Grèce et l'Italie, la Hongrie est l'un des principaux points d'entrée dans l'espace européen pour des dizaines de milliers de migrants et réfugiés, Syriens en tête, qui cherchent à se rapprocher du coeur de l'Europe via la Grèce, la Macédoine et enfin la Serbie.
Depuis le début de l'année, Budapest estime que plus de 190.000 personnes sont entrées sur le sol hongrois.
Tandis que les 28 Etats membres de l'Union européenne restent profondément divisés sur la réponse à apporter à la crise migratoire, le gouvernement de Viktor Orban entend bloquer cette voie d'accès.
"Nous allons commencer une nouvelle ère", a déclaré le porte-parole de son gouvernement, Zoltan Kovacs, peu après minuit. "Nous stopperons l'afflux de migrants illégaux à nos frontières", a-t-il ajouté.
(avec Krizstina Than et Ivana Sekularac à la frontière; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)
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