Jeb Bush promet des USA plus combatifs face à la Russie
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par Steve Holland
PETERSBOROUGH, New Hampshire (Reuters) - Jeb Bush a promis mardi une approche plus combative à l'égard de la Russie s'il est élu président des Etats-Unis en 2016, qualifiant Vladimir Poutine d'"adversaire habile" exploitant l'effacement américain en Syrie et ailleurs dans le monde.
Dans une interview à Reuters, le candidat à l'investiture républicaine a dit qu'en cas d'accession à la Maison blanche, il s'efforcerait de bâtir une coalition avec des partenaires européens et arabes pour oeuvrer à la mise à l'écart du président syrien Bachar al Assad, qui est à ses yeux l'une des clés pour régler le conflit en Syrie et la crise des réfugiés.
Jugeant que le président russe Vladimir Poutine use de l'intimidation, Jeb Bush s'est dit favorable à ce que les Etats-Unis et l'Union européenne prolongent les sanctions prises contre la Russie en raison de la crise en Ukraine, censées expirer à la fin de l'année.
"La manière de traiter avec lui est de s'opposer à lui sur les mêmes termes, pas de créer un contexte plus belliqueux mais simplement de dire qu'il y a des conséquences", a dit Jeb Bush.
La Russie a nettement intensifié ces dernières semaines son soutien militaire à Bachar al Assad, par le biais notamment d'une campagne de bombardements aériens contre les rebelles cherchant à renverser le président syrien.
Les Etats-Unis et leurs alliés bombardent pour leur part les djihadistes de l'Etat islamique (EI), qui contrôlent une partie de la Syrie et de l'Irak, mais le président démocrate Barack Obama a évité toute confrontation militaire avec Bachar al Assad, préférant former des rebelles syriens dans le cadre d'un programme qui a de fait été récemment abandonné faute de résultats.
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NE PAS LAISSER L'IRAK À LA RUSSIE ET À L'IRAN
Jeb Bush s'est prononcé en faveur de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les réfugiés syriens, ce à quoi Barack Obama a jusqu'à présent résisté.
"On voit le potentiel maintenant pour une approche unifiée contre à la fois Assad et l'EI", a dit Jeb Bush. "Si nous ne faisons rien, nous disons tout simplement au revoir au Proche-Orient."
Cette approche rappelle celle de son père George H. Bush, qui, en tant que président des Etats-Unis, avait bâti pour la première guerre du Golfe en 1991 une coalition contre l'Irak de Saddam Hussein en réaction à son invasion du Koweït.
Son frère George W. Bush a aussi entraîné les Etats-Unis dans une intervention militaire en Irak en 2003, qui a abouti au renversement de Saddam Hussein et ouvert une période de chaos et de confrontation sanglante entre sunnites et chiites.
Jeb Bush a dit que, lui président, il ferait en sorte que les Etats-Unis renforcent les autorités irakiennes face à l'Etat islamique alors que la Russie et l'Iran semblent exercer une influence croissante dans ce pays.
"Je ne m'inquiéterais pas de contrarier les Russes, pour commencer. Eux devraient s'inquiéter de nous contrarier", a-t-il déclaré.
Tout en jugeant que les forces américaines au sol devraient contribuer davantage au repérage des cibles à bombarder en Irak, l'ancien gouverneur de Floride ne va pas jusqu'à prôner un renforcement massif des effectifs américains dans ce pays.
LA CHINE, "MENACE À LONG TERME"
Jeb Bush se veut aussi moins conciliant avec la Chine, qu'il qualifie non pas d'alliée mais de concurrente et de "menace à long terme" en raison de son développement militaire et économique.
"Dans l'idéal, on devrait parvenir à un point où la Chine et les Etats-Unis pourraient nouer une alliance pour régler les problèmes mais je ne le vois pas se produire dans un avenir immédiat", a-t-il dit.
Il a affirmé qu'il enverrait régulièrement les forces américaines traverser les territoires de mer de Chine méridionale revendiqués par Pékin. "Je les ferais survoler régulièrement sans prévenir. Notre marine devrait y aller. Ce sont des eaux internationales", a-t-il dit.
Selon lui, les Etats-Unis devraient aussi créer un "puissant effet dissuasif" en matière de piratage informatique en prouvant leur capacité de riposte aux Chinois, soupçonnés de cyberattaques contre des entreprises ou des institutions américaines.
"Nous devons montrer toutes nos capacités offensives, qui sont je crois importantes. Nous devons maintenir le dialogue avec la Chine pour garantir qu'elle comprend que c'est tout simplement inacceptable", a-t-il dit.
Jeb Bush considère enfin que, face à l'Iran, les Etats-Unis doivent s'assurer qu'Israël dispose des technologies militaires les plus sophistiquées et envisager de nouvelles sanctions contre la République islamique malgré l'accord conclu sur le nucléaire iranien.
"Il y a beaucoup de sanctions qui n'ont rien à voir avec l'accord nucléaire et qui peuvent être renforcées", a-t-il dit.
(Bertrand Boucey pour le service français)
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