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François Hollande prône l'apaisement social

reuters.com

Publié le 19 octobre 2015 à 07:58 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:42

Francois hollande prone l'apaisement social

Francois hollande prone l'apaisement social

POOL

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PARIS (Reuters) - François Hollande a prôné lundi l'apaisement social en France, grâce notamment au dialogue avec les syndicats qu'il juge indispensable, et estimé que la situation à Air France n'était pas représentative de l'état du pays.

Invité sur RTL, le président français a réfuté tout risque d'explosion en réponse au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dont l'organisation boycotte la conférence sociale qui s'est ouverte lundi à Paris.

"Le conflit à Air France ne résume pas l'état de la France", a dit le président, deux semaines après les violences commises contre des dirigeants de la compagnie aérienne par des syndicalistes en colère, dont certains ont été mis en examen.

"Ce serait se tromper gravement de prendre un sujet Air France pour en faire un cas général", a-t-il ajouté.

François Hollande s'est refusé à commenter la décision du procureur d'interpeller à l'aube, à leur domicile, des syndicalistes d'Air France soupçonnés de violences. "Ensuite, je pense qu'il y a d'autres méthodes pour interpeller, mais ce n'est pas à moi de le dire."

"Ceux qui commettent des violences, ceux qui s'attaquent à des salariés, parce qu'en l'occurrence ce sont des salariés qui ont été molestés, doivent être punis", a-t-il toutefois ajouté.

Il a assuré sur ce point qu'il n'y avait aucune divergence de vues avec le Premier ministre, Manuel Valls, qui a évoqué des actes commis par des "voyous" et soutenu la direction.

Le chef de l'Etat a insisté sur l'importance de maintenir le dialogue avec les représentants des salariés.

"Ne comptez pas sur moi parce qu'il y a eu des violences ici ou là, en l'occurrence à Air France, pour discréditer le combat syndical, qui a sa noblesse et son utilité, à condition qu'à un moment on s'engage", a-t-il dit.

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"LA MARMITE QUI CHAUFFE"

"Parce que s'il n'y jamais d'accord, certains, parmi les plus démagogues, diront (...) 'supprimons le paritarisme, supprimons les organisations syndicales, supprimons les institutions représentatives du personnel'. C'est pourquoi il est si important d'avoir eu des accords depuis 2012, et il y en a eu de nombreux."

Le dernier en date, conclu vendredi entre le patronat et des syndicats, porte sur les retraites complémentaires.

Il s'agit là d'une critique implicite de Nicolas Sarkozy qui a souvent attaqué les "corps intermédiaires", comme les syndicats, pendant son quinquennat.

Quant au syndicaliste de la CGT qui a refusé mardi dernier de lui serrer la main lors d'une visite au chantier naval de Saint-Nazaire, le président a répondu : "Tant pis pour lui".

"Je vais prononcer une phrase, vous savez, il y en eu, qui pourrait être également regardée comme vulgaire et grossière ? Sûrement pas", a-t-il dit en référence au "casse-toi, pauvre con" lancé en 2008 par Nicolas Sarkozy à un visiteur du salon de l'agriculture qui avait refusé de lui serrer la main.

Interrogé sur le risque d'explosion sociale en France, le président a dit ne pas croire les "champions du thermomètre", ceux "qui veulent toujours qu'il y ait toujours une marmite qui chauffe qui explose."

Il a prôné l'apaisement.

"Nous devons vivre dans une société apaisée. Il y a toujours des conflits, toujours des confrontations, toujours des intérêts divergents. Comment devons-nous répondre ? Par de la violence ? Sûrement pas. Par de l'apaisement, et donc le dialogue", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, lui a répondu en jugeant que les événements à Air France étaient "quand même significatifs".

"Même si on n'a pas justifié le fait qu'il y ait de la violence physique, dans le même temps aller chercher des délégués à 06h00 du matin, entendre parler (...) de 'voyous', c'est quand même pousser le bouchon un peu loin", a-t-il dit sur France 2.

Philippe Martinez a déclaré de son côté que des négociations ne pouvaient se limiter à du "chantage : soit vous acceptez des reculs sociaux, soit on licencie !".

"On ne peut pas avoir le choix entre se couper le bras droit ou se couper le bras gauche quand on négocie", a-t-il ajouté sur France Inter.

(Elizabeth Pineau et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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