Quatre morts dans des heurts policiers à Brazzaville
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BRAZZAVILLE (Reuters) - Au moins quatre personnes ont été tuées mardi à Brazzaville dans des affrontements entre policiers congolais et manifestants pour qui les modifications constitutionnelles en préparation, sur laquelle la population se prononcera dimanche par référendum, visent à maintenir indûment au pouvoir le président Denis Sassou Nguesso.
Les forces de l'ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes et à des tirs de sommation pour disperser des milliers de manifestants qui s'étaient rassemblés en début de matinée malgré l'interdiction des réunions publiques récemment décidée par le gouvernement. Les manifestants avaient déployé des banderoles où on pouvait lire "Sassou dégage" et "Non au référendum!".
Les manifestants se sont enfuis vers les rues avoisinantes après les tirs de sommation mais sont restés dans les rues, brûlant des pneus et érigeant des barricades, tandis que des hélicoptères les survolaient. Des postes de police ont été attaqués dans le sud de la ville, qui est un bastion de l'opposition.
Les manifestants refusant de partir, les forces de sécurité, selon des opposants, ont tourné leurs armes directement contre la foule. Un journaliste de Reuters a vu quatre corps, portant des traces d'impact de balles, acheminés vers la morgue centrale.
Les magasins et les administrations de la ville sont restées fermées mardi. Radio France international (RFI) a indiqué que son signal avait été bloqué à Brazzaville, où les SMS et l'internet mobile ne fonctionnaient plus.
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A 71 ans, Denis Sassou Nguesso, qui depuis 1979 est resté tout le temps au pouvoir à l'exception de cinq années, ne peut, en vertu de la Constitution, briguer un nouveau mandat.
"Le président Sassou Nguesso organise un coup d'Etat, un coup d'Etat constitutionnel", a déclaré par téléphone Paulin Makaya, président du parti Unis pour le Congo (UPC, opposition). "Nous appelons la communauté internationale, les Etats-Unis et la France, à prêter attention à ce qui se passe ici au Congo Brazzaville".
Le référendum de dimanche doit porter sur des amendements constitutionnels qui pourraient englober un relèvement de l'âge maximum des candidats à la présidentielle et la suppression de la limitation à deux mandats.
L'opposition a rassemblé des milliers de manifestants en septembre dernier pour protester contre ces projets, mais le gouvernement a également mobilisé des milliers de partisans le 11 octobre dernier dans les rues de la capitale.
(Philon Bondenga, Makini Brice; Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)
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