Les eurosceptiques largement en tête des législatives polonaises
reuters.com

Le parti droit et justice arrive en tete des legislatives en pologne
PAWEL KOPCZYNSKI
reuters.com

Le parti droit et justice arrive en tete des legislatives en pologne
PAWEL KOPCZYNSKI
par Pawel Sobczak et Marcin Goettig
VARSOVIE (Reuters) - Le parti Droit et justice (PiS, opposition conservatrice catholique) arrive nettement en tête des élections législatives de dimanche en Pologne et devrait pouvoir s'appuyer sur une majorité parlementaire et gouverner seul, selon un sondage à la sortie des urnes.
Le sondage prévoit pour le PiS 242 sièges au parlement, sur un total de 460, soit une majorité absolue.
Un sondage Ipsos à la sortie des urnes donne 39,1% des suffrages au PiS. La Plate-forme civique (PO, centre droit au pouvoir), est nettement distancée, avec 23,4% des voix, selon le même sondage Ipsos. La Première ministre Ewa Kopacz a déclaré que la Plate-forme civique reconnaissait sa défaite.
De son côté, le chef de file du PiS, l'ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, a revendiqué la victoire.
"Nous ne frapperons pas ceux qui sont à terre(...). Nous devons montrer que la vie publique polonaise peut être différente", a triomphé Kaczynski devant ses partisans en liesse, au siège du PiS, dans le centre de Varsovie.
Si le sondage à la sortie des urnes s'avère juste, la victoire du PiS sera la plus importante d'un parti politique, en termes de sièges, depuis que la Pologne a tenu ses premières élections libres en 1989, ce qui traduirait un tournant conservateur dans ce pays de 38 millions d'habitants.
Ce serait aussi la première fois que les héritiers du parti unique d'avant 1989 n'auraient plus de députés au parlement.
La victoire du PiS augure d'un rapprochement de Varsovie avec la Hongrie et la Slovaquie dans leur opposition à la redistribution des migrants dans les différents Etats de l'Union européenne.
Les divisions sur cette épineuse question risquent d'aller ainsi croissant au sein de l'UE, qui est parvenu à trouver un terrain d'entente avec les dirigeants des pays d'Europe centrale et orientale lors d'un mini-sommet dimanche à Bruxelles.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Kaczynski, admirateur de longue date du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a déclaré que les immigrants musulmans menaçaient le mode de vie catholique de la Pologne. Ce mois-ci, il a été accusé par certains médias polonais d'attiser le racisme en déclarant que les migrants apporteraient de nouvelles maladies et des parasites en Pologne.
RETOUR AUX VALEURS NATIONALES
La crise des migrants a contribué à un accroissement de l'audience des partis de droite en Europe, y compris en Suède et aux Pays-Bas.
"La victoire du PiS fait partie d'un basculement plus vaste en Europe, d'un retour aux valeurs nationales", a commenté l'analyste Aleksander Smolar.
Méfiant à l'égard de l'Union européenne et opposé à une entrée dans la zone euro, le PiS est en revanche partisan d'une position ferme de l'Otan face à la politique russe, notamment depuis l'annexion de la Crimée en 2014.
La victoire du PiS pourrait donc compliquer les futures tentatives de conciliation entre les Européens et la Russie, toujours soumise à des sanctions occidentales prises dans le cadre de la crise dans l'est de l'Ukraine.
Sur le plan économique, l'une des premières mesures que le PiS entend prendre est celle d'une taxation des banques à partir de l'année prochaine, a indiqué un dirigeant du parti.
"L'une des premières décisions du nouveau gouvernement sera de soumettre un amendement au projet de budget pour l'année prochaine", a dit Zbigniew Kuzmiuk qui devrait jouer un rôle central dans la définition de la politique économique du nouveau gouvernement.
"Nous souhaitons, probablement dès janvier 2016, introduire deux taxes qui sont importantes pour nous, y compris une taxe sur les banques. Il s'agirait d'une taxe sur les avoirs d'un taux de 0,39% et une taxe sur les supermarchés", a-t-il dit.
Il a précisé que le gouvernement restera déterminé à maintenir le déficit en-dessous des 3% du PIB comme le préconisent les recommandations communautaires.
(Gabriela Baczynska et Wiktor Szary; Eric Faye pour le service français)
reuters.com