La pollution de l'air a diminué en Chine, malgré l'hiver
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par John Ruwitch
SHANGHAI (Reuters) - La pollution de l'air a diminué l'an dernier dans de nombreuses villes chinoises, même si cette amélioration a été freinée par un hiver humide et dépourvu de vent qui a favorisé la formation de brouillards suffocants, constate Greenpeace dans un rapport rendu public mercredi.
La municipalité de Pékin a diffusé en décembre sa toute première "alerte rouge" (niveau maximal) quand la capitale s'est retrouvée enveloppée dans un épais smog début décembre.
Mais, explique Dong Liansai, un militant de l'organisation de défense de l'environnement, "en dépit d'un hiver marqué par des alertes rouges, les données de 2015 montrent clairement une tendance positive à Pékin et dans le reste du pays".
"Cependant, la qualité de l'air en Chine est toujours un risque majeur pour la santé", ajoute-t-il.
Le niveau moyen annuel de particules fines PM2.5, qui pénètrent profondément dans les poumons, a chuté de 10,3% l'an dernier par rapport à 2014, note Greenpeace dans ce rapport, qui s'appuie sur les statistiques officielles de 189 municipalités.
Au cours des six premiers mois de l'année, les concentrations de PM2.5 étaient en baisse de 16% par rapport à la même période de 2014, avait déjà observé l'ONG dans un précédent document.
Des décennies de croissance débridée en Chine ont engendré d'énormes problèmes de pollution de l'air, de l'eau et du sol que le Parti communiste au pouvoir n'a commencé à s'efforcer de résoudre que dans les années récentes.
Le défi est vaste et le sujet sensible, des milliers de rassemblements de protestation ayant lieu chaque année contre la dégradation de l'environnement.
Des facteurs incontrôlables, comme l'absence de vent, peuvent en outre entrer en ligne de compte.
Le pic de pollution enregistré à Pékin a ainsi été constaté dans tout le nord de la Chine, où les concentrations de PM2.5 au quatrième trimestre 2015 ont été nettement plus importantes que lors des trois derniers mois de 2013 ou 2014, précise Greenpeace.
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Néanmoins, Pékin figure parmi les quelques 90% de villes analysées où la qualité de l'air s'est améliorée sur l'ensemble de l'année.
Il semble, estime Dong Liansai, que les "sérieux efforts" de la capitale pour réduire la pollution commencent à payer.
La Chine a durci ses lois de protection de l'environnement ces dernières années et des amendements récemment entrés en vigueur ont renforcé le pouvoir de sanction de l'administration vis-à-vis des entreprises ou des fonctionnaires coupables d'infractions.
Greenpeace souligne toutefois que 80% des 366 municipalités dont elle a étudié les données restaient l'an dernier en deçà des normes de qualité de l'air fixées par les autorités.
Shanghai est l'une des villes où la qualité de l'air a empiré en 2015. "Greenpeace recommande que Shanghai mette en place un objectif solide de limitation de consommation de charbon et des mesures volontaristes pour résoudre le problème", conclut Dong Liansai.
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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