Bagdad convoque l'ambassadeur d'Arabie saoudite
reuters.com
reuters.com
BAGDAD (Reuters) - Le nouvel ambassadeur d'Arabie saoudite à Bagdad a été convoqué dimanche par le ministère irakien des Affaires étrangères pour avoir jugé que la présence de milices chiites dans la lutte contre l'organisation sunnite Etat islamique (EI) exacerbait les tensions religieuses en Irak.
"Ceci constitue une violation du protocole diplomatique et se fonde sur des informations inexactes", a déclaré le ministère dans un communiqué.
Dans une interview diffusée samedi par la chaîne irakienne Al Soumaria TV, l'ambassadeur saoudien, Thamer al Sabhan, a estimé que les groupes paramilitaires chiites regroupés depuis 2014 au sein de la coalition Hachid Chaabi devraient se retirer des opérations militaires contre le groupe djihadiste d'Abou Bakr al Baghdadi.
"Les comités Hachid Chaabi combattent le terrorisme et défendent la souveraineté de notre pays, ils opèrent sous l'égide et sous le commandement du commandant en chef des forces armées", lui répond le ministère irakien des Affaires étrangères.
Plusieurs parlementaires chiites se sont également émus des propos du diplomate saoudien.
"Cette ingérence dans les Hachid Chaabi (...), ça ne le regarde pas. Il doit respecter les usages diplomatiques", a réagi Khalid al Assadi, membre chiite de la commission parlementaire des Affaires étrangères contacté par téléphone.
"Si de telles ingérences devaient se répéter, il y aurait des appels pour déclarer l'ambassadeur persona non grata et demander au roi d'Arabie saoudite de le remplacer", a-t-il poursuivi.
Cité par la chaîne Al Soumaria, un autre élu chiite du Parlement, Awatef Nemah, a appelé à l'expulsion immédiate de l'ambassadeur saoudien. "Il pourrait à défaut s'exposer à des graves conséquences", a-t-il ajouté.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La réouverture en décembre de l'ambassade d'Arabie saoudite à Bagdad, fermée depuis l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein en 1990, a été interprétée comme une étape sur la voie d'une plus grande coopération en matière de sécurité et de lutte contre l'extrémisme.
Le royaume sunnite a longtemps accusé l'Irak d'être trop proche de l'Iran chiite, son principal adversaire régional, et de faire preuve de discrimination à l'encontre de la minorité sunnite, accusation rejetée par Bagdad.
(Maher Chmaytelli et Stephen Kalin, Henri-Pierre André pour le service français)
reuters.com