Hillary Clinton n'a pas chassé les fantômes de 2008
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La victoire sur le fil d'hillary clinton dans l'iowa seme le doute
© Adrees Latif / Reuters
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La victoire sur le fil d'hillary clinton dans l'iowa seme le doute
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par John Whitesides
DES MOINES, Iowa (Reuters) - La victoire sur le fil d'Hillary Clinton dans les caucus de l'Iowa va inévitablement relancer le débat sur sa capacité à séduire les électeurs démocrates et entretenir à l'inverse la mobilisation autour du "socialiste démocrate" Bernie Sanders.
La favorite de la course à l'investiture démocrate, qui avait trébuché dans l'Iowa en 2008, n'a devancé que d'un souffle son challenger.
Cette victoire difficile fragilise la campagne de celle qui, au printemps dernier, s'était lancée dans les primaires démocrates avec l'étiquette de grandissime favorite. Dans plusieurs "caucus", ou réunions locales organisées lundi soir, les jeux étaient à ce point serré qu'il a fallu trancher à pile ou face pour déterminer qui de Clinton ou de Sanders l'emporterait.
Dans ces conditions, le sénateur de 74 ans a eu beau jeu de revendiquer une "victoire morale" dans cet Etat qui donnait le coup d'envoi du long processus de désignation des candidats à l'élection présidentielle du 8 novembre.
"Nous avons réussi ce que les élites politiques jugeaient impossible. Ne nous sous-estimez pas", a-t-il dit.
D'autant que le sénateur du Vermont, qui mène une campagne à gauche en promettant la gratuité des études ou le démantèlement des grandes corporations bancaires, est donné largement en tête des intentions de vote dans le New Hampshire, où aura lieu le 9 février la prochaine étape de la saison des primaires.
"Elle avait tous les atouts possibles au niveau des structures et de l'organisation politique, et pourtant Sanders l'a contrainte à un match nul", souligne Dan Schnur, directeur de l'institut d'études politiques Jesse M. Unruh de l'université de Caroline du Sud.
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"C'est presque une copie conforme de 2008. La différence, c'est que la concurrence n'est pas aussi dure cette fois-ci", ajoute-t-il, estimant que la candidature Sanders est trop marquée à gauche pour menacer durablement Clinton.
DÉFICIT DE CONFIANCE
Il y a huit ans, lors de sa première tentative, l'ex-sénatrice de New York et ex-Première dame avait été nettement devancée par Barack Obama. Placée d'emblée sous pression, elle n'avait pas réussi à renverser la tendance et s'était au final inclinée face à celui qui allait devenir le 44e président des Etats-Unis.
Huit ans plus tard, elle a évité le pire. Mais la tonalité de son bref discours post-caucus - six minutes chrono - contrastait nettement avec l'enthousiasme de son rival, qui a discouru pendant seize minutes.
L'équipe de campagne de l'ex-secrétaire d'Etat a même retiré à la dernière minute le prompteur installé à la tribune de l'université Drake, signe d'une modification in extremis de son discours, où elle n'a pu du reste revendiquer la victoire. L'indécision était encore trop forte. Son mari Bill Clinton et leur fille Chelsea, qui devaient initialement prendre la parole en introduction de son discours, sont restés muets.
Dans les sondages sur les motivations du vote, Hillary Clinton est en difficulté quand on interroge les électeurs sur son honnêteté ou le degré de confiance qu'on peut lui accorder.
Autre indicateur du décalage dans l'enthousiasme que suscitent la favorite et son rival auprès de la base démocrate: l'an dernier, l'équipe de campagne de Clinton a collecté 109 millions de dollars de financements, bien plus que les 73,5 millions réunis par le sénateur du Vermont. Mais 75% des fonds obtenus par Sanders proviennent de petits donateurs à moins de 200 dollars, contre 18% seulement pour Clinton, soutenue par les grands financiers de la vie politique américaine.
(avec Jonathan Allen à Washington; Henri-Pierre André pour le service français)
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