Le président Yoweri Museveni remet son mandat en jeu en Ouganda
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Election presidentielle en ouganda
GORAN TOMASEVIC
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Election presidentielle en ouganda
GORAN TOMASEVIC
par Edith Honan et Elias Biryabarema
KAMPALA (Reuters) - Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis trente ans, remet son mandat en jeu à l'occasion d'une élection présidentielle sous tension jeudi en Ouganda.
Le camp présidentiel et l'opposition s'accusent mutuellement de constituer des groupes d'autodéfense et les principaux rivaux du chef de l'Etat prédisent des fraudes dans les urnes.
Face à Yoweri Museveni, qui est âgé de 71 ans, se détachent deux candidats, Kizza Besigye, un opposant historique déjà battu lors de trois élections, et l'ancien Premier ministre Amama Mbabazi, qui jusqu'à récemment était encore un proche allié du président.
La plupart des bureaux de vote de Kampala, la capitale, n'étaient toujours pas ouverts une heure 45 minutes après l'heure officielle d'ouverture (04h00 GMT).
"Si les heures sont réduites ainsi, beaucoup de gens ne seront pas en mesure de voter", a déploré Dickson Mamber, un enseignant d'histoire âgé de 34 ans, patientant depuis deux heures devant un bureau de vote de Muyembe, un quartier de Kampala. Les bureaux doivent fermer à 16h00 (13h00 GMT).
A la veille du vote, Kizza Besigye a accusé Yoweri Museveni de ne pas vouloir d'un scrutin pacifique et il a averti que ses partisans pourraient descendre dans la rue pour contester le résultat du vote. Le chef de l'Etat a de son côté mis en garde l'opposition contre une réponse sévère des forces de sécurité en cas de violences.
Apprécié de ses alliés occidentaux pour son rôle sur la scène africaine, Yoweri Museveni est salué par une partie de la population pour avoir apporté au pays plusieurs décennies de paix relative et de stabilité économique.
Mais le chef de l'Etat est dans une position moins confortable que lors des précédents scrutins en raison notamment de la jeunesse, qui représente un poids électoral important.
Les grandes stars de la musique ougandaise ont été invitées dans les meetings présidentiels tandis que Besigye et Mbabazi ont axé leur campagne sur la nécessité de créer des emplois et de lutter contre la corruption, des thèmes porteurs auprès des jeunes électeurs.
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Beaucoup d'entre eux, rencontrés au hasard des rues de Kampala, affichent leur préférence pour Kazzi Besigye, comme Joel Nyonyintono, un entrepreneur de 26 ans, honteux de l'état des routes ou des hôpitaux de son pays. "Nous sommes tellement en retard. Il faut ouvrir les yeux", dit-il.
D'autres électeurs appréhendent l'idée d'un "changement". Nanteza Beatrice, une marchande de fruits âgée de 56 ans, se déclare convaincue que l'Ouganda n'est pas prêt pour l'après-Museveni. "Nous avons la paix depuis si longtemps que les jeunes prennent cela comme acquis, parce qu'ils ne connaissent pas ce qu'il y avait avant lui."
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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