Jeb Bush paie une campagne truffée d'erreurs
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Jeb bush paie une campagne truffee d'erreurs
RANDALL HILL
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Jeb bush paie une campagne truffee d'erreurs
RANDALL HILL
par Steve Holland
CHARLESTON, Caroline du Sud (Reuters) - Il y a quelques mois, Jeb Bush semblait le mieux placé pour reprendre la Maison blanche aux démocrates en novembre prochain.
Riche d'un trésor de guerre de 150 millions de dollars en 2015, entouré de certains des plus brillants esprits du Parti républicain, dernier rejeton d'une dynastie présidentielle, il avait en outre le soutien de la direction du Grand Old Party.
Pourtant, après un piètre score en Caroline du Sud, l'ex-gouverneur de Floride a renoncé samedi à poursuivre la bataille pour l'investiture du Parti républicain en vue de la présidentielle du 8 novembre, ne laissant plus que cinq candidats en lice après seulement trois étapes des primaires.
"Je suis fermement convaincu que le peuple américain doit confier cette fonction (présidentielle) à quelqu'un qui l'occupera à la façon d'un serviteur, et non d'un maître, quelqu'un qui l'occupera avec honneur et décence", a-t-il dit, la voix émue, en annonçant son retrait.
Aux yeux d'une douzaine de cadres du GOP interrogés par Reuters, dont certains étroitement liés à la campagne du candidat, cet échec cuisant de Jeb Bush est le résultat d'une série de mauvais calculs et d'erreurs stratégiques.
Dès le départ, disent-ils, le frère cadet de George W. a mal jugé l'humeur de la base de l'électorat républicain.
En décembre 2014, lors d'une réunion de ses principaux conseillers et d'un petit groupe de responsables du parti à Miami afin d'évoquer son projet de candidature, il a refusé un sondage national pour tester l'atmosphère au sein du GOP. Une telle enquête, regrette un participant, aurait clairement montré l'humeur rebelle de la base conservatrice du parti.
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"Ils ont loupé le coche", estime encore ce participant.
DES CENTAINES DE TWEETS SAIGNANTS
Une remarque rejetée par l'équipe de campagne de Jeb Bush. "Il a partagé dès le départ la frustration des électeurs", dit sa porte-parole, Kristy Campbell. "Il a présenté un message optimiste et plein d'espoir fondé sur la conviction qu'il avait les compétences de dirigeant pour y arriver."
Ce sondage aurait peut-être aussi permis de mieux jauger la menace représentée par Donald Trump, dont les attaques incessantes contre la classe politique attisaient le sentiment anti-establishment des électeurs et portaient leurs fruits.
L'homme d'affaires caracole aujourd'hui en tête des sondages et s'est imposé dans les primaires du New Hampshire et de Caroline du Sud.
Persuadé que Donald Trump était un épiphénomène qui ne durerait qu'un été, Jeb Bush a tardé à répliquer aux piques du milliardaire moquant sa "mollesse". Le milliardaire attaquait alors sans relâche l'ex-gouverneur de Floride, comme le montrent les centaines de tweets saignants adressés à son intention par Donald Trump, plus que contre tout autre candidat républicain.
"Ils ont fait un mauvais calcul terrible en ne comprenant pas l'intention de cette attaque sur la mollesse, qui visait à émasculer Jeb Bush, à le faire passer pour un faible", analyse Steve Schmidt, ancien directeur de campagne de John McCain, candidat républicain à la présidentielle de 2008.
"Définir Jeb Bush comme un faible le privait de l'argument selon lequel, par son parcours, sa compétence et son expérience, il était le mieux qualifié pour présider."
LE POIDS DE LA GUERRE D'IRAK
Jeb Bush était clairement le favori du camp républicain quand il a lancé sa campagne en juin dernier, avec 18% d'intentions de vote face à de nombreux rivaux. Six semaines plus tard, Donald Trump prenait les commandes des sondages avec 26% et Jeb Bush n'avait plus que 12% d'intentions de vote, selon une enquête Reuters/Ipsos. Aujourd'hui, le milliardaire est à 38% d'intentions de vote.
Mais Donald Trump n'a pas été le seul obstacle sur le chemin de Jeb Bush.
L'une de ses plus grandes erreurs, il ne la doit qu'à lui-même, lorsqu'il a tergiversé pendant des jours, en mai dernier, pour savoir s'il aurait lancé la guerre d'Irak comme son frère George W. Bush en mars 2003.
Certains de ses conseillers de politique étrangère ont été surpris de voir qu'il ne s'était pas préparé à cette question pourtant inévitable. C'est finalement George W. Bush qui a dit à son frère qu'il n'était pas obligé de défendre ses décisions prises en 2003.
Jeb Bush a longtemps hésité à utiliser la notoriété familiale. Il s'y est résolu pour la primaire du New Hampshire et aussi en Caroline du Sud, où George W. Bush est venu lui prêter main forte pour un meeting.
Mais deux jours plus tard, Jeb Bush apprenait lors d'un débat à Summerville le ralliement de la gouverneure de Caroline du Sud, la populaire Nikki Haley, à son ancien protégé politique, le sénateur de Floride Marco Rubio. Il a alors résumé la nouvelle d'un seul mot: "Déçu".
Samedi soir, Jeb Bush a pris sa décision d'abandonner la course moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote.
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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