Le centre Biotrial se défend face à de nouvelles accusations
reuters.com

Biotrial s'explique sur la mort de chiens lors d'essais therapeutiques
© Stephane Mahe / Reuters
reuters.com

Biotrial s'explique sur la mort de chiens lors d'essais therapeutiques
© Stephane Mahe / Reuters
RENNES (Reuters) - Le centre de recherche Biotrial, où s'est déroulé l'essai clinique qui a provoqué le décès d'un volontaire en janvier dernier à Rennes, a jugé jeudi "a priori pas anormal" que des animaux soient morts lors d'essais précliniques.
Le Figaro publie jeudi une enquête qui révèle de "nouvelles failles", dont la mort de plusieurs chiens lors de ces essais, ce qui selon le quotidien aurait dû constituer un signal d'alerte.
La direction de Biotrial, qui ne pratique pas lui-même d'essais sur des animaux mais a reçu un rapport sur ces derniers, a jugé qu'il n'y avait "a priori rien d'anormal".
"Les animaux peuvent recevoir jusqu'à 100 fois la dose administrée ensuite à des humains", a-t-elle dit à Reuters. "Selon le rapport reçu par Biotrial sur des essais animaux, ceux-ci se montraient tolérants jusqu'à environ 70 fois la dose."
La direction a ajouté n'avoir pas d'informations particulières sur d'éventuelles lésions cérébrales, pour lesquelles les examens ont été faits au CHU de Rennes.
Le Figaro affirme que le Comité des spécialistes temporaires (CSST) formé par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dit avoir noté chez les volontaires atteints des "micro-attaques tissulaires cérébrales de sévérité variable".
La ministre de la Santé Marisol Touraine avait dit que 4 février dernier que l'Inspection générale des affaires sociales Igas) avait mis au jour trois "manquements majeurs" dans l'essai clinique qui a provoqué le décès d'un volontaire.
RAPPORT DE L'IGAS FIN MARS
Les causes directes de l'accident, survenu lors d'un essai de phase 1 d'une nouvelle molécule développée par le laboratoire portugais Bial, ne sont toutefois pas identifiées, avait-elle précisé.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"La réglementation a été respectée" mais le rapport préliminaire de l'Igas "pointe trois manquements majeurs", avait-elle dit.
Biotrial n'aurait pas dû continuer l'essai clinique après l'hospitalisation d'un premier patient. Or, le lendemain, cinq autres personnes ont pris le médicament, qui était testé par voie orale, avait expliqué Marisol Touraine.
Les autres volontaires auraient aussi dû être explicitement informés et Biotrial aurait dû leur demander leur accord pour poursuivre l'essai. Enfin, l'Igas estime que, "compte tenu de la gravité de l'accident", les autorités auraient dû être immédiatement alertées. Elles n'ont été prévenues que le jeudi, alors que l'accident était survenu le dimanche.
Le rapport définitif de l'Igas est attendu d'ici fin mars.
La molécule testée était à visées psychiatrique (anxiété, troubles de l'humeur) et neurologique (troubles moteurs).
Outre cette enquête, deux autres ont été diligentées à la suite de cet accident sans précédent en France, l'une par la police judiciaire et une autre par l'Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM).
(Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)
reuters.com