L'ancien président Lula devrait entrer au gouvernement brésilien
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L'ex-president lula devrait entrer au gouvernement bresilien
PAULO WHITAKER
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L'ex-president lula devrait entrer au gouvernement bresilien
PAULO WHITAKER
par Caroline Stauffer et Lisandra Paraguassu
SAO PAULO (Reuters) - L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva va vraisemblablement accepter un poste dans le gouvernement de celle qui lui a succédé, Dilma Rousseff, mais il va d'abord se rendre mardi à Brasilia pour en discuter avec elle, a-t-on appris de source proche de la présidence.
Trois journaux brésiliens de premier plan ont rapporté que Lula allait accepter un poste de ministre dans les jours à venir. L'ancien président est accusé de blanchiment d'argent et d'usurpation d'identité visant à dissimuler la possession d'un appartement en front de mer.
Au vu de ces accusations, des procureurs ont lancé la semaine dernière une procédure demandant son arrestation. Les efforts visant à aboutir à l'arrestation de l'ancien président dramatisent les enjeux d'une crise menaçant d'emporter Dilma Rousseff.
Des centaines de milliers de personnes ont défilé dimanche dans les grandes villes du Brésil pour exiger le départ de Dilma Rousseff, menacée par une procédure de destitution sur fond d'accusation de corruption, de crise économique et d'incertitude politique.
Dilma Rousseff et Lula, qui fut son mentor, sont éclaboussés par le scandale Petrobras, qui porte sur un système complexe de surfacturations et de dessous-de-table au sein de la compagnie nationale pétrolière.
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L'enquête, en cours depuis près de deux ans, a conduit à l'inculpation de plusieurs dizaines de cadres d'entreprises. Des alliés politiques et d'anciens collaborateurs de la présidente Dilma Rousseff ont été arrêtés. L'affaire remonte à la présidence Lula et à une époque où Dilma Rousseff présidait le conseil d'administration de Petrobras.
IMMUNITÉ
En acceptant d'entrer au gouvernement, Lula bénéficierait d'une immunité par rapport au juge fédéral Sergio Moro, qui coordonne l'enquête Petrobras et qui serait celui susceptible d'ordonner son arrestation. L'ancien président ne serait toutefois pas à l'abri d'une éventuelle procédure de la Cour suprême du pays.
Il n'a pas encore été décidé, dit-on, si Lula allait devenir chef de cabinet de Dilma Rousseff ou remplacer Ricardo Berzoini, le ministre des Affaires législatives.
Le gouvernement brésilien a par ailleurs annoncé que Dilma Rousseff avait nommé son deuxième ministre de la Justice en un mois. Le procureur Eugenio Jose Guilherme de Aragao remplacera Wellington Cesar Lima, qui avait été désigné le 29 février.
La Cour Suprême avait décidé en référé de bloquer la nomination de Cesar Lima, qui devait lui-même succéder à Jose Eduardo Cardozo, lequel avait dû démissionner, lassé des attaques venant de sa propre formation politique, le Parti des travailleurs (PT, gauche, au pouvoir). Au sein du PT, on reprochait au ministre de la Justice démissionnaire de ne pas être parvenu à contrôler ce que certains qualifient de chasse aux sorcières visant Lula.
L'ampleur des manifestations de dimanche semble avoir convaincu des élus du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), le principal allié du PT, de voter en faveur de la destitution de Dilma Rousseff, dit-on au sein du parti.
"La destitution est inévitable", assure une de ces sources.
Même si le PMDB a une réputation de versatilité et a montré sa capacité à changer d'orientation pour se mettre dans le sens du vent politique dominant, le parti s'est récemment montré de plus en plus réticent de continuer à soutenir Dilma Rousseff. Samedi, lors d'une convention du parti, le PMDB s'est donné 30 jours pour prendre une décision définitive au sujet du maintien de ce soutien.
(Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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