Les enfants d'une Syrie en guerre : soldats, réfugiés ou morts
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Enfants d'une syrie en guerre, refugies, soldats ou morts
© Muhammad Hamed / Reuters
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Enfants d'une syrie en guerre, refugies, soldats ou morts
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par John Davison
BEYROUTH (Reuters) - Le conflit syrien, qui vient d'entrer dans sa sixième année, a créé 2,4 millions d'enfants réfugiés, en a tué beaucoup et fait de certains des enfants-soldats, parfois dès l'âge de sept ans, selon l'Unicef.
Dans un rapport intitulé "Pas de place pour les enfants", le Fonds des Nations unies pour l'enfance écrit que 8,4 millions d'enfants, soit plus de 80% de la population infantile syrienne, sont touchés par le conflit, que ce soit en Syrie même ou dans les pays voisins, en tant que réfugiés.
Le nombre de personnes vivant dans des localités assiégées ou dans des zones difficiles d'accès est deux fois plus élevé qu'en 2013. Sur les personnes privées d'assistance, deux millions au moins sont des enfants, dont plus de 200.000 dans les zones assiégées.
Selon l'Unicef, 400 enfants ont été tués en 2015. Un autre rapport publié vendredi par plusieurs organisations caritatives dont Oxfam, estime que, d'après les chiffres de l'Onu, 50.000 personnes au moins ont été tuées depuis avril 2014.
L'Unicef s'inquiète particulièrement de l'augmentation du nombre d'enfants recrutés pour le combat. Les parties au conflit leur offrent des cadeaux et des "salaires" pouvant atteindre 400 dollars (360 euros) par mois.
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Dans les premières années du conflit, la plupart des enfants recrutés par les groupes et forces armés étaient des garçons entre 15 et 17 ans, qui étaient utilisés dans des rôles de soutien, loin des lignes de front, dit le rapport, mais, "depuis 2014, toutes les parties au conflit ont recruté des enfants plus jeunes, parfois âgés de sept ans, et souvent sans le consentement des parents."
L'Unicef précise que dans plus de la moitié des cas de recrutement de mineurs qu'elle a vérifiés en 2015, les jeunes choisis avaient moins de 15 ans.
PAS UNE GÉNÉRATION PERDUE
Plus de 300.000 enfants sont nés hors de Syrie en tant que réfugiés, indique le rapport. Le seul Liban a vu naître près de 70.000 bébés syriens, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Environ 2,8 millions d'enfants syriens, en Syrie ou dans les pays voisins, ne vont pas à l'école. Des dizaines d'écoles et d'hôpitaux ont été attaqués en 2015, soulignent les ONG humanitaires. La moitié du personnel médical a fui la Syrie et seulement un tiers des hôpitaux fonctionnent, ajoute l'Unicef.
Les voisins de la Syrie abritent la vaste majorité de 4,8 millions de réfugiés du pays. L'Europe accueille un huitième de ce chiffre.
Un psychologue spécialisé dans les traumatismes liés à la guerre estime que les enfants syriens ayant connu la guerre civile dans leur pays ne représentent pas une "génération perdue", notant qu'une telle appellation est irresponsable.
"Il faut faire attention de ne pas utiliser des expressions effrayantes condamnant à vie ces personnes", dit Renos Papadoulos, directeur du Centre dédié aux traumatismes, à l'asile et aux réfugiés à l'université d'Essex, en Angleterre.
"Le fait d'être hanté par des souvenirs n'empêche pas des gens de vivre pleinement leur vie. Faire des généralisations est inapproprié, irresponsable et n'est pas fondé scientifiquement."
A Genève, des négociations de paix sur la Syrie, où le conflit a déjà fait plus de 250.000 morts, ont repris lundi.
(Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten et Gilles Trequesser)
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