Jean-Marc Ayrault en visite en Tunisie
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Jean-marc ayrault se rend en tunisie
© Mohamed Abd El Ghany / Reuter
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Jean-marc ayrault se rend en tunisie
© Mohamed Abd El Ghany / Reuter
par Marine Pennetier et John Irish
PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault se rend ce jeudi en Tunisie, à l'heure où ce pays, qui a réussi sa transition politique après le printemps arabe, subit de plein fouet les répercussions de l'instabilité en Libye où l'impasse politique profite à l'Etat islamique.
Au cours de cette visite de deux jours, le chef de la diplomatie française assistera à un hommage aux victimes de l'attaque du musée du Bardo en mars dernier et "portera aux Tunisiens un message de solidarité", selon le Quai d'Orsay.
Il rencontrera par ailleurs le président tunisien Beji Caid Essebsi, le Premier ministre Habib Essid et son homologue Khemaies Jhinaoui pour évoquer la coopération entre les deux pays et l'aspect sécuritaire, selon une source diplomatique.
"La question de la sécurité par rapport à la Libye va être un des gros sujets évoqués dans le cadre de la lutte anti-terrorisme", explique-t-on de même source.
Berceau du printemps arabe, la Tunisie a été touchée l'an dernier par trois attentats revendiqués par l'Etat islamique, contre le musée du Bardo en mars, la station balnéaire de Sousse en juin et un bus de la garde présidentielle en novembre.
Et depuis le début de l'année, le pays doit faire face à une instabilité grandissante dans sa zone frontalière avec la Libye.
Plus de cinquante personnes ont été tuées la semaine dernière lors d'une attaque menée à Ben Guerdane, une ville située à quelques kilomètres de la Libye, par des hommes armés qui ont revendiqué leur appartenance à l'Etat islamique.
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Pour tenter de contenir la menace, les autorités ont érigé une barrière de 200 kilomètres le long de la frontière qui doit permettre d'empêcher l'entrée de djihadistes sur son territoire.
"Attaque après attaque, on voit qu'il y a des ramifications en Libye, notamment de Tunisiens qui sont en Libye et qui se retournent contre la Tunisie", souligne une source occidentale.
INQUIÉTUDE GÉNÉRALE
Face au risque de déstabilisation, la France, qui coopère depuis plusieurs décennies avec la Tunisie sur le plan sécuritaire, a annoncé un renforcement de cette entraide en débloquant 20 millions d'euros sur deux ans.
En déplacement à Tunis en octobre, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait fait de la coopération dans le domaine des forces spéciales et dans le renseignement une priorité.
Cinq mois plus tard, un tiers des 20 millions d'euros d'aide - essentiellement en matière d'équipements de soldats et de moyens aéro-mobiles - ont été utilisés.
"Des deux côtés, Tunisie et France, on estime qu'il y a un plan cohérent, il faut juste s'assurer qu'il est bien mis en oeuvre", souligne-t-on à Paris, où l'on estime que la coopération commence à porter ses fruits.
"Les Tunisiens ont réussi à porter des coups aux groupes terroristes", confirme une source occidentale, qui cite le Mont Chaambi et plus récemment Ben Guerdane. "Sans doute la coopération internationale assez forte a produit de premiers résultats, donc il faut intensifier le processus".
L'enjeu est désormais d'augmenter le volume des forces spéciales tunisiennes qui comptent moins d'un millier d'hommes.
Confrontée à une menace sécuritaire grandissante, la Tunisie doit également faire face à une fronde sociale qui a fait descendre plusieurs milliers de Tunisiens dans la rue pour réclamer du travail ou demander des hausses de salaire.
Dans ce contexte, la France a annoncé en janvier un plan de soutien d'un milliard d'euros sur les cinq prochaines années.
"Il y a un terreau socio-économique sur lequel la radicalisation prospère", souligne une source diplomatique française. "Il y a un chômage assez massif chez les Tunisiens qui fournissent un des plus grands contingents [de combattants partis rejoindre l'Etat islamique-NDLR). C'est dans les zones défavorisées qu'il faut agir en priorité".
(Edité par Yves Clarisse)
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