Najim Laachraoui, un élève sans histoire devenu djihadiste
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Najim laachraoui, un eleve sans histoire qui s'est radicalise
© Handout . / Reuters
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Najim laachraoui, un eleve sans histoire qui s'est radicalise
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par Ingrid Melander
BRUXELLES (Reuters) - Le parcours de Najim Laachraoui a commencé à Bruxelles, où le futur djihadiste a suivi une scolarité sans accroc dans un établissement catholique, avant de bifurquer vers la Syrie sans avoir donné le moindre signe de radicalisation et de s'achever mardi à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.
Selon les médias belges citant des sources au sein des services de sécurité, ce jeune Belge de 24 ans est l'un des trois kamikazes qui se sont fait exploser mardi à Bruxelles, faisant au moins 31 morts et plusieurs centaines de blessés.
Les indices recueillis par les enquêteurs permettent d'établir un lien entre la préparation des attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et celles de mardi. Laachraoui est soupçonné d'avoir préparé les ceintures d'explosifs des commandos de Paris.
Lors d'une conférence de presse donnée jeudi dans la soirée, son frère cadet, Mourad, 20 ans, a déclaré que personne dans la famille n'avait observé de changement dans son comportement, de signes d'une radicalisation, avant qu'il les appelle, début 2013, pour leur dire qu'il était parti pour la Syrie.
Dans un communiqué diffusé à la mi-journée, il avait condamné "fermement" les agissements de son frère aîné et dit n'avoir plus de contact avec lui depuis son départ en Syrie. Face à la presse, il a précisé que la famille avait alors signalé son départ à la police. Des policiers sont venus à leur domicile, ils sont revenus après les attaques du 13 novembre.
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"C'était un garçon gentil, et surtout intelligent", a poursuivi Mourad Laachraoui, international belge de taekwondo.
"J'ai été touché et accablé, je ne voulais pas croire que c'était lui, mais bon, on ne choisit pas sa famille", a-t-il poursuivi, ajoutant que sa famille n'avait pas été officiellement informée de son décès.
A l'Institut de la Sainte-Famille d'Helmet, au coeur de Schaerbeek, dans l'agglomération bruxelloise, où le jeune djihadiste a effectué une partie de sa scolarité, Veronica Pellegrini, la directrice de l'établissement, se souvient d'un "très bon élève".
"Il a eu un parcours tout a fait classique", ajoute-t-elle lors d'un entretien par téléphone accordé à Reuters.
Il n'est pas rare de voir de jeunes Belges issus de familles musulmanes fréquenter des établissements catholiques, qui ont parfois la réputation d'offrir un enseignement plus strict et plus élitiste que dans le public.
Selon la directrice, il a suivi une filière générale, sans jamais redoubler, jusqu'à l'obtention de son diplôme, en 2009, à l'âge de 18 ans. "On n'a plus eu de nouvelles depuis."
SON ADN SUR DES EXPLOSIFS
En février 2013, il quitte Bruxelles pour la Syrie où, d'après la presse belge, il reçoit une formation qui a pu lui permettre de jouer le rôle d'artificier des commandos du 13 novembre à Paris puis du 22 mars à Bruxelles.
On ne sait pas comment il est rentré en Europe - peut-être dans le flot des réfugiés.
On retrouve sa trace le 9 septembre 2015: il est alors contrôlé à la frontière austro-hongroise sous la fausse identité de Soufiane Kayal à bord d'un véhicule en compagnie de Salah Abdeslam et d'un autre homme voyageant sous un nom d'emprunt, Samir Bouzid - il s'agit en réalité de Mohamed Belkaïd, abattu la semaine dernière lors d'une perquisition à Forest.
Selon le parquet fédéral belge, les enquêteurs ont retrouvé son ADN dans plusieurs logements utilisés par certains auteurs des tueries de novembre en France, à Auvelais et Schaerbeek, et sur des explosifs qui ont alors servi aux assaillants.
La maison d'Auvelais, perquisitionnée le 26 novembre dernier, a par ailleurs été louée sous l'identité de Soufiane Kayal, la couverture de Najim Laachraoui.
Il réapparaît mardi sur des images de vidéosurveillance de Bruxelles-Zaventem, peu avant les deux explosions qui ont détruit le hall de l'aéroport, selon les conclusions du parquet cité par les médias belges. On le voit vêtu d'un haut sombre et d'un pantalon clair, la main gauche gantée, pousser un chariot sur lequel est posé un bagage.
L'école où il a fait une partie de sa scolarité a fait de cette phrase de la Bible son credo: "Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, puisque nous aimons nos frères. N'aimons pas en paroles et de langue, mais en acte et dans la vérité."
(Simon Carraud pour le service français, édité par Sophie Louet et Henri-Pierre André)
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