Israël divisé après le meurtre présumé d'un Palestinien
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Enquete sur les circonstances de la mort d’un palestinien
© Mussa Qawasma / Reuters
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Enquete sur les circonstances de la mort d’un palestinien
© Mussa Qawasma / Reuters
JERUSALEM (Reuters) - L'enquête ouverte jeudi dernier pour éclaircir les circonstances de la mort d'un Palestinien, qui apparaît sur une vidéo avoir été abattu alors qu'il était à terre et blessé, suscite des frictions au sein du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Une vidéo tournée jeudi par un passant peu après l'attaque menée par deux Palestiniens à Hébron, et que Reuters a pu voir, montre l'un des deux hommes au sol, bougeant à peine. Alors que les ambulances israéliennes arrivent sur les lieux, un soldat semble viser la tête de l'homme à terre et tirer. On voit le corps sursauter et du sang couler de la tête.
Quelque minutes plus tôt, l'homme abattu avait poignardé et blessé un autre soldat israélien, sans mettre sa vie en danger.
L'armée israélienne a annoncé que le soldat suspect avait été arrêté pour meurtre présumé, et la police militaire israélienne mène une enquête. Il pourrait devenir le premier militaire à être poursuivi pour meurtre, à l'heure où les attaques par des Palestiniens, à l'issue souvent mortelle pour ces derniers, sont en recrudescence depuis octobre.
Le ministre de l'Education, Naftali Bennett, du Foyer juif, parti d'extrême droite au sein du gouvernement de coalition, a mis en garde contre les accusations de meurtre. Et la presse israélienne rapporte qu'il s'est opposé au Premier ministre Netanyahu lors du conseil des ministres de dimanche.
"Je déclare ici que ce soldat n'est pas un meurtrier, et que des poursuites pour meurtre représenteraient une perte de contrôle totale", a dit Bennett à Radio Israël, se faisant l'écho d'autres ministres, y compris appartenant au Likoud, le parti de Netanyahu.
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"Quelqu'un a confondu les bons et les mauvais (...) et je compte m'assurer que le soldat ait un procès juste et non un simulacre de procès", a ajouté Bennett.
"CIRCONSTANCES OPÉRATIONNELLES DIFFICILES"
Netanyahu, qui avait dit jeudi, avec mesure, que les actions du soldat "ne représentaient pas les valeurs des Forces de défense d'Israël (IDF)", a paru encore plus circonspect dimanche.
"Les soldats de l'IDF, nos enfants, adhèrent à des valeurs morales élevées lorsqu'ils combattent avec courage des meurtriers assoiffés de sang dans des circonstances opérationnelles difficiles", a-t-il dit au gouvernement.
"Je suis certain que, dans tout événement, y compris le présent incident, l'enquête prendra en compte toutes les conditions", a-t-il ajouté.
L'attaque à Hébron a relancé le débat sur l'usage excessif de la force par l'armée envers les Palestiniens, les dirigeants palestiniens accusant Israël d'exécutions arbitraires.
Selon la radio militaire israélienne, le soldat impliqué est arrivé sur place après l'attaque, et d'autres militaires avaient déjà déterminé que l'homme ne posait plus de danger. Il aurait alors dit à deux reprises que le Palestinien "méritait de mourir".
La famille du fantassin a dit qu'il craignait que l'homme ne déclenche une bombe. Des soutiens ont fait circuler une pétition demandant à ce qu'il soit décoré.
Un millier de colons israéliens vivent à Hébron, une ville palestinienne de 200.000 habitants où les incidents sont fréquents.
(Dan Williams; Julie Carriat pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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