Tensions entre Rome et le Caire après la mort d'un étudiant
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Tensions entre l’italie et l’egypte apres la mort d'un etudiant
REMO CASILLI
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Tensions entre l’italie et l’egypte apres la mort d'un etudiant
REMO CASILLI
par Amina Ismail et Haitham Ahmed
LE CAIRE (Reuters) - La crise diplomatique entre l'Italie et l'Egypte est due au refus du Caire de remettre aux enquêteurs italiens des enregistrements téléphoniques recueillis dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en début d'année d'un étudiant italien, Giulio Regeni, a déclaré samedi le parquet égyptien.
"Cette exigence (de la part de Rome) est contraire à notre Constitution et à notre législation", a dit le procureur Moustafa Souleïmane lors d'une conférence de presse, au lendemain de son retour de Rome. Il a assuré que son pays avait répondu "à 98%" aux demandes italiennes.
Il a ajouté que les résultats des investigations menées par le parquet égyptien, concernant notamment ces appels téléphoniques, seraient communiqués ultérieurement aux autorités italiennes, conformément à la loi.
Giulio Regeni, 28 ans, a disparu au Caire le 25 janvier, jour anniversaire du début du soulèvement de 2011. Son cadavre portant des traces de torture a été découvert le 3 février au bord d'une route dans un faubourg de la capitale égyptienne.
L'Italie, a expliqué le procureur, a demandé tous les enregistrements téléphoniques des zones où vivait Regeni, où il a disparu et où son corps a été retrouvé, ce qui pourrait représenter près d'un million d'appels.
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Moustafa Souleïmane a ajouté que les conclusions des autopsies de Giulio Regeni pratiquées par l'Egypte et par l'Italie étaient pratiquement identiques.
"TRANSPARENCE"
L'Italie a rappelé vendredi son ambassadeur en Egypte, Maurizio Massari, pour consultations afin d'examiner les mesures à prendre pour faire toute la lumière sur cet "assassinat barbare".
Samedi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukry, a téléphoné à son homologue italien Paolo Gentiloni pour déplorer cette décision et pour souligner la "transparence" de son pays dans cette affaire, rapporte l'agence de presse égyptienne Mena.
Le chef de la diplomatie égyptienne a également regretté la "tournure politique" prise par ce dossier, ajoute Mena.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Abou Zeid, a affirmé que son pays n'avait rien à cacher.
"Nous nous appuyons sur du solide, nous n'avons rien à cacher sur l'assassinat de Regeni, nous devons avoir confiance en nous, en nos capacités et dans la crédibilité de notre action", a-t-il dit à la chaîne de télévision privée Hayat.
Des représentants du parquet de Rome se sont entretenus jeudi et vendredi avec des enquêteurs égyptiens qui leur ont remis une partie mais pas tous les éléments de l'enquête demandés par la justice italienne.
Giulio Regeni effectuait des recherches sur les syndicats indépendants en Egypte. Selon plusieurs ONG, les marques de torture retrouvées sur son corps laissent penser qu'il est mort aux mains des services de sécurité, accusation rejetée par les autorités égyptiennes.
Fin mars, ces dernières ont annoncé la mort de plusieurs membres d'un gang criminel "spécialisé dans l'enlèvement d'étrangers" qui auraient été retrouvés en possession d'objets ayant appartenu à l'étudiant italien, dont son passeport.
(Avec Lin Noueihed et Ali Abdelatti; Guy Kerivel pour le service français)
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