John Kerry et les ministres du G7 au mémorial d'Hiroshima
reuters.com

John kerry et les ministres du g7 a hiroshima
JONATHAN ERNST
reuters.com

John kerry et les ministres du g7 a hiroshima
JONATHAN ERNST
par Arshad Mohammed et Kiyoshi Takenaka
HIROSHIMA, Japon (Reuters) - John Kerry est devenu lundi le premier chef de la diplomatie américaine à se rendre au mémorial des victimes de la bombe nucléaire lancée par les Etats-Unis sur Hiroshima en 1945, ce qui pourrait être le prélude à une éventuelle visite du président Barack Obama le mois prochain.
John Kerry participe depuis dimanche et pour deux jours à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du G7 organisée dans la ville martyre. Leurs discussions portent notamment sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité maritime et des questions régionales autour de la Corée du Nord, de l'Ukraine et du Moyen-Orient.
Accompagné des autres ministres des Affaires étrangères du G7, John Kerry a notamment visité le musée du Mémorial de la paix de Hiroshima où l'on peut voir des photos des victimes brûlées, les vêtements qu'elles portaient et des statues montrant leur chair en train de fondre.
Les sept ministres (Etats-Unis, France, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont ensuite déposé des couronnes à un cénotaphe aux victimes de la bombe A qui a réduit la ville en cendres le 6 août 1945 et fait 140.000 morts.
Avant John Kerry, Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants du Congrès américain avait également visité le musée et le parc du mémorial en 2008.
"Tout le monde devrait voir et ressentir le pouvoir de ce mémorial. C'est un rappel fort, rude, incontestable, non seulement de notre obligation de mettre fin à la menace des armes nucléaires, mais de consacrer tous nos efforts à éviter la guerre elle-même", a écrit John Kerry dans le livre d'or du musée.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Après un moment de silence observé par les sept ministres, les enfants des écoles leur ont présenté des objets en papier symbolisant la paix aux couleurs nationales de chaque pays.
A l'initiative de Kerry, les ministres se sont ensuite rendus au dôme de Genbaku ou dôme de la bombe atomique, vestige de la seule structure encore debout près de l'hypocentre de l'explosion de la bombe, site désormais classé par l'Unesco.
Les Etats-Unis ont largué une autre bombe atomique sur Nagasaki le 9 août. Le Japon s'est rendu six jours plus tard, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.
La visite de John Kerry pourrait ouvrir la voie à une autre visite sans précédent à Hiroshima, celle de Barack Obama, en marge du sommet annuel du G7 qui se tiendra le mois prochain au Japon. Aucun président américain en exercice ne s'est rendu à Hiroshima ou à Nagasaki.
Aucune décision formelle n'a encore été prise.
Une visite d'Obama à Hiroshima pourrait être sujet de controverse si elle était présentée comme une excuse. Les Américains estiment encore en majorité que l'utilisation de la bombe A à Hiroshima et Nagasaki était justifiée.
Un diplomate américain de haut rang a toutefois souligné que Barack Obama, qui s'est rendu à Cuba le mois dernier, a montré qu'il n'avait pas peur de faire des visites controversées.
(Aavec Linda Sieg; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)
reuters.com