Les taliban afghans lancent leur offensive de printemps
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Offensive de printemps des taliban
© Mohammad Ismail / Reuters
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par James Mackenzie
KABOUL (Reuters) - Les taliban afghans ont annoncé mardi le lancement de leur offensive de printemps contre le gouvernement soutenu par les Occidentaux, promettant de livrer une guerre d'usure et se fixant pour objectif de rétablir un "système islamique".
Le lancement de l'opération "Omari", qui tire son nom de l'ancien dirigeant et fondateur du mouvement, le mollah Omar, intervient quelques jours après la visite à Kaboul du secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis au côté du gouvernement d'union nationale conduit par le président Ashraf Ghani.
"Le djihad contre l'armée infidèle agressive et usurpatrice est un devoir sacré qui repose sur nos épaules et notre seul moyen de rétablir un système islamique et de reprendre notre indépendance", proclament les taliban dans un communiqué.
Les taliban ont intensifié leurs opérations l'année dernière pour tenter de faire tomber le gouvernement de Kaboul, mis à mal depuis le départ de la majeure partie des troupes étrangères du pays à la fin 2014.
Dans leur communiqué, ils expliquent qu'ils recourront aux attaques-suicides et aux offensives terrestres mais aussi à des assassinats ciblés visant des commandants ennemis dans les centres urbains.
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"L'opération emploiera tous les moyens qui sont à notre disposition pour harceler l'ennemi, miner le moral des envahisseurs étrangers et leurs milices armées."
Les taliban s'engagent par ailleurs à gouverner au mieux les zones qu'ils contrôlent et à éviter autant que possible de faire des victimes civiles et d'endommager les équipements publics.
Les forces armées afghanes et les responsables de l'Otan ignorent pour l'heure l'ampleur de l'offensive de printemps, mais ils ont déjà prévenu qu'ils s'attendaient à des combats acharnés en 2016.
UN TIERS DU PAYS MENACÉ
Depuis plusieurs mois déjà, l'Afghanistan est balayé par une vague de violence, de la province de Kunduz, dans le Nord, à celle d'Helmand, dans le Sud, à la frontière pakistanaise.
Dans cette région, les forces gouvernementales ont déjà amorcé un retrait, tactique selon Kaboul, pour concentrer leurs efforts sur la défense du chef-lieu de la province, Lashkar Gah.
Selon des hauts responsables de l'Otan, les taliban ne contrôlent dans les faits que 6% du pays, mais un tiers de celui-ci est menacé par les insurgés.
Le général américain John Nicholson, qui commande les dernières forces étrangères encore présentes sur le sol afghan, conduit actuellement une évaluation stratégique de la situation qui pourrait déboucher sur une réduction de près de moitié des effectifs américains, qui passeraient de 9.800 à 5.500 hommes d'ici la fin de l'année.
Si le projet est maintenu, il signerait la fin de l'essentiel des missions de formation et d'assistance dont bénéficie encore l'armée afghane.
Les derniers militaires américains encore en poste se concentreraient sur des opérations antiterroristes contre les groupes radicaux, l'Etat islamique notamment.
Les taliban afghans ont promu début avril un des fils du mollah Omar à la tête d'un de leurs comités militaires tout en le faisant intégrer le conseil de la Choura, leur organe décisionnaire.
Mohammad Yaqoob, fils aîné d'Omar, s'était un temps opposé l'an dernier à ce que l'actuel chef des taliban, Akhtar Mansour, prenne la tête du mouvement islamiste après l'annonce de la mort de son père, qui avait été tenue secrète, deux ans plus tôt.
La promotion du mollah Yaqoob et celle, simultanée, du mollah Abdoul Manan, un frère du mollah Omar, devrait asseoir l'autorité du nouveau chef des taliban, toujours contestée par des factions dissidentes.
(Nicolas Delame pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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