L'Autriche renforcera début juin ses contrôles au col du Brenner
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VIENNE (Reuters) - L'Autriche renforcera début juin ses contrôles au col du Brenner, à la frontière avec l'Italie, dans le cadre de ses mesures pour freiner l'arrivée des migrants et réfugiés sur son territoire, a annoncé mardi le ministre de la Défense Hans Peter Doskozil.
Depuis la fermeture de la route migratoire de l'ouest des Balkans, l'Autriche prévoit que les arrivées de migrants en Italie par la mer doubleront cette année pour atteindre 300.000.
Le ministre envisage un système de contrôle des frontières similaire à celui mis en place à Spielfeld, à la frontière avec la Slovénie, où les autorités autrichiennes ont installé des barrières permettant un contrôle des mouvements de foule de même qu'une clôture longue de quatre kilomètres environ.
La date exacte de l'entrée en vigueur de ces nouveaux contrôles dépendra du flux de migrants et du progrès des travaux de construction d'un nouveau centre de contrôle frontalier, a précisé Hans Peter Doskozil, ajoutant que ces travaux avaient déjà commencé.
Environ deux millions de poids lourds empruntent chaque année le col du Brenner, principal point de passage entre le sud et le nord des Alpes.
La Commission européenne a manifesté son inquiétude.
"Si ces projets venaient à se matérialiser, alors nous serions amenés à les examiner très sérieusement. Le col de Brenner est essentiel à la liberté de mouvement au sein de l'Union européenne", a déclaré la porte-parole de l'exécutif européen Natasha Bertaud lors d'un point de presse.
La Commission, a-t-elle précisé, n'a pas été informée par Vienne et n'a eu connaissance de ces projets que par voie de presse.
Le secrétaire d'Etat italien chargé des Affaires européennes, Sandro Gozi, a également critiqué le projet autrichien.
"Ce n'est pas en érigeant des murs improvisés qu'on résoudra les problèmes (...). Vienne devrait réexaminer cette décision qui va à l'encontre de l'esprit et de la lettre des institutions européennes ainsi que de l'amitié qui lie l'Autriche à l'Italie", a-t-il déclaré dans un communiqué.
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Pour les sociétés de transport, le renforcement des contrôles pourrait provoquer une hausse des coûts. "Si les contrôles frontaliers signifient qu'il faudra plus de temps pour relier Milan à Munich, les sociétés de transport devront relever leurs tarifs", a déclaré Franco Santagata, ancien dirigeant de la filiale italienne de Deutsche Post, aujourd'hui consultant pour le secteur des transports.
(Kirsti Knolle, avec Crispian Balmer et Steve Scherer à Rome, Robin Emmott à Bruxelles; Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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