Trêve fragile en Syrie avant la reprise des discussions
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Inquietude face a la degradation de la situation en syrie
ABDALRHMAN ISMAIL
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Inquietude face a la degradation de la situation en syrie
ABDALRHMAN ISMAIL
par Tom Perry et Bozorgmehr Sharafedin
BEYROUTH/DUBAI (Reuters) - Les forces gouvernementales syriennes ont lancé mardi une offensive de grande ampleur pour reprendre une ville proche d'Alep alors que la France et l'Iran ont exprimé à leur tour leur inquiétude face à la dégradation de la situation.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), l'offensive vise la ville d'Al Eïs, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest d'Alep, près de l'autoroute reliant la grande ville du Nord syrien et Damas.
D'après un rebelle présent dans le secteur, l'attaque a été lancée à l'aube. Les forces gouvernementales sont appuyées par des frappes aériennes russes et des miliciens iraniens.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de l'armée syrienne, mais le Premier ministre syrien, Wael al Halaki, a annoncé dimanche que l'armée syrienne et l'aviation russe se préparaient à une offensive commune dans le but de reprendre la ville d'Alep aux rebelles.
A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a averti la Syrie et ses alliés que leurs offensives autour d'Alep et dans la banlieue de Damas risquaient de provoquer l'échec des pourparlers inter-syriens, qui reprennent ce mercredi à Genève.
"Le régime et ses alliés porteraient la responsabilité d'un nouveau drame humanitaire et de l'échec des négociations inter-syriennes", poursuit le Quai d'Orsay qui appelle les parties à s'engager "de bonne foi dans les négociations afin de mettre en place un organe de transition qui permettra ensuite aux Syriens de se doter d'une nouvelle constitution et d'organiser des élections".
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La délégation du gouvernement syrien est attendu vendredi en Suisse. Le pouvoir organise ce mercredi des élections législatives dont l'opposition et ses alliés jugent qu'elles relèvent de la provocation.
De son côté, l'Iran, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, a mis en cause "les activités croissantes des groupes armés" opposés au régime. Hossein Amir-Abdollahian s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, à Téhéran.
"SUR LE TERRAIN, LA TRÊVE N'EXISTE PAS"
Entré en vigueur fin février, l'accord de "cessation des hostilités", négocié par les Etats-Unis et la Russie et qui ne concernent pas les djihadistes de l'Etat islamique (EI) ni le Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, était censé donner une chance aux discussions menées par Staffan de Mistura.
Mais la trêve est de plus en plus théorique.
Evoquant ce week-end dans le Journal du dimanche "une détérioration très grave" de la situation au cours des dix derniers jours, Bassma Kodmani, représentante du Haut Comité des négociations (HCN) de l'opposition syrienne, estimait que "le cessez-le-feu est sur le point de s'effondrer".
Sous couvert d'anonymat, un haut responsable proche du gouvernement syrien a affirmé pour sa part qu'il appartenait au passé. "Sur le terrain, la trêve n'existe pas", a dit ce responsable, qui n'est pas syrien. "Le niveau des tensions en Syrie va augmenter dans les mois à venir", a-t-il ajouté.
De Mistura, dont les deux prédécesseurs, Kofi Annan et Lakhdar Brahimi, ont démissionné après avoir conclu à l'échec de leurs médiations, a déclaré qu'il voulait que le prochain cycle de négociations à Genève soit "concret".
(avec John Irish à Paris et Tom Miles à Genève; Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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