Marge de manoeuvre limitée pour Rome dans la crise avec l'Egypte
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La marge de manoeuvre de rome est reduite dans la crise avec le caire
© Remo Casilli / Reuters
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La marge de manoeuvre de rome est reduite dans la crise avec le caire
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par Crispian Balmer
ROME (Reuters) - L'Italie n'ira pas jusqu'à mettre en péril ses relations commerciales avec l'Egypte pour obtenir justice après l'assassinat d'un de ses ressortissants, en février, au Caire, mais pourrait tenter d'obtenir l'appui de Bruxelles et de ses partenaires européens, dit-on dans les milieux diplomatiques.
Giulio Regeni, un étudiant âgé de 28 ans qui travaillait sur les mouvements sociaux en Egypte, a disparu au Caire le 25 janvier, jour anniversaire du soulèvement de 2011. Son cadavre portant des traces de torture a été découvert le 3 février au bord d'une route dans un faubourg de la capitale.
Rome, qui dénonce le manque de coopération des autorités égyptiennes, dont les services de sécurité sont soupçonnés d'être impliqués, a rappelé vendredi son ambassadeur en Egypte pour consultations, afin d'examiner les mesures à mettre en oeuvre pour faire toute la lumière sur cet "assassinat barbare".
Si la situation devait en rester là, le gouvernement de Matteo Renzi pourrait déconseiller l'Egypte aux touristes italiens et suspendre les échanges culturels, ce qui ne serait pas sans risques.
"Je ne pense pas que l'Italie puisse mettre les liens commerciaux en danger dans le climat économique actuel", estime Silvia Colombo, membre de l'Institut romain des affaires internationales.
Selon l'office égyptien des statistiques, elle était l'an dernier le quatrième partenaire commercial de l'Egypte, mais d'autres n'hésiteraient pas à prendre sa place en cas d'aggravation de la crise diplomatique.
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Au-delà de l'enjeu commercial, l'Italie, comme ses alliés occidentaux, a besoin de l'appui du Caire pour régler la crise migratoire et le conflit libyen.
Pour l'ancien ambassadeur Sergio Romano, devenu éditorialiste du Corriere della Sera, "le gouvernement ferait mieux de porter cette affaire au niveau européen".
Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne, a promis l'aide de l'UE pour permettre à Rome d'"obtenir la vérité" sur le décès de Giulio Regeni, sans préciser la forme de cette aide.
Le gouvernement italien, dit-on au ministère des Affaires étrangères, pourrait demander à ses 27 partenaires de l'Union d'exprimer leur préoccupation dans un communiqué commun.
Le président français François Hollande est attendu la semaine prochaine au Caire, où il devrait signer de gros contrats, notamment dans le secteur de la défense.
(Avec Ola Noureldin au Caire et Robin Emmott à Bruxelles, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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