Dilma Rousseff se dit victime d'un complot
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Dilma rousseff se dit victime d'un complot
© Ueslei Marcelino / Reuters
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Dilma rousseff se dit victime d'un complot
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par Maria Carolina Marcello et Lisandra Paraguassu
BRASILIA (Reuters) - La présidente brésilienne Dilma Rousseff se dit victime d'un complot fomenté notamment par le vice-président Michel Temer, au lendemain du vote d'une commission parlementaire en faveur de sa destitution.
"Ils conspirent désormais au grand jour pour déstabiliser une présidente légitimement élue", s'est-elle indignée mardi, évoquant un message audio que Michel Temer a adressé la veille aux membres de sa formation, le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), dans lequel il laisse entendre que cette destitution est acquise.
La commission parlementaire s'est prononcée par 38 voix pour et 27 contre. Ses membres issus du PMDB ont voté pour.
La formation a quitté le mois dernier la coalition gouvernementale, ce qui a considérablement fragilisé la présidente, soupçonnée d'avoir manipulé les comptes publics pour favoriser sa réélection en 2014. La procédure de destitution doit maintenant suivre son cours à la chambre basse, où le vote devrait avoir lieu ce week-end.
A condition que les deux tiers des députés se prononcent pour, ce sera ensuite au tour du Sénat, où la majorité simple suffit.
Si les sénateurs décident de renvoyer Dilma Rousseff devant la justice, elle sera immédiatement suspendue pour six mois et Michel Temer sera alors appelé à assurer l'intérim.
"LES CONSPIRATEURS DÉMASQUÉS"
Dans son message audio, qui aurait été adressé par erreur aux membres du PMDB via les réseaux sociaux avant le vote de la commission, le vice-président prône la formation d'un gouvernement d'union nationale pour surmonter la crise politique, comme si la présidente était déjà destituée.
"Les conspirateurs ont été démasqués", a poursuivi mardi l'intéressée, sans toutefois le citer nommément.
"Ils cherchent à renverser un président élu par 54 millions d'électeurs", a ajouté Dilma Rousseff, pour qui la procédure de destitution équivaut à un coup d'Etat.
A moins de 100 jours des Jeux olympiques d'été, le Brésil doit aussi faire face à une grave récession et à la vaste affaire de corruption autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras.
Selon l'accusation, des dessous-de-table conséquents ont été versés pendant plusieurs années. Sont concernés, non seulement des membres du Parti des travailleurs, mais aussi, dans l'opposition, le président de la chambre des députés Eduardo Cunha qui mène l'enquête pour la destitution de la présidente.
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Il est soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin dans l'affaire Petrobras. Le président du Sénat fait également l'objet de l'enquête.
Pour tenter de convaincre les députés de voter contre la destitution ou de s'abstenir dimanche prochain, le gouvernement leur propose les postes devenus vacants après la rupture avec le PMDB.
(Avec Brad Brooks à Brasilia et Pilar Olivares à Rio de Janeiro; Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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