Le PSD, allié de Dilma Rousseff, votera la destitution
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Le principal parti allie de dilma rousseff pour la destitution
UESLEI MARCELINO
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Le principal parti allie de dilma rousseff pour la destitution
UESLEI MARCELINO
par Anthony Boadle et Maria Carolina Marcello
BRASILIA (Reuters) - Le Parti social démocratique (PSD) brésilien, le plus important parti centriste encore dans le gouvernement de coalition de Dilma Rousseff, a donné pour instruction à ses députés de voter pour la destitution de la présidente dimanche.
Il est reproché à la présidente de gauche d'avoir maquillé les comptes publics pendant la dernière campagne présidentielle pour favoriser sa réélection en 2014. En cas de destitution, le vice-président assure l'intérim.
Rogerio Rosso, président du groupe PSD à la Chambre des députés, a déclaré aux journalistes que les 38 députés PSD étaient majoritairement favorables à la destitution.
Le PSD dispose d'un ministre au sein du gouvernement, le ministre des Villes, Gilberto Kassab. C'est à lui de décider s'il démissionne ou s'il conserve son poste, a déclaré Rogerio Rosso.
Mardi, un autre allié important, le Parti progressiste du Brésil (PP, centre droit) avait annoncé qu'il quittait le gouvernement. Le PP, qui compte 49 membres à la Chambre des députés, a en outre retiré le seul ministre qu'il avait au gouvernement.
Deux autres partis de la coalition, le Parti républicain et le Parti travailliste national (PTN) devaient se réunir mercredi. Certains de leurs membres ont fait savoir que leurs députés voteraient contre Dilma Rousseff bien que leurs dirigeants soient en négociation pour des postes au gouvernement.
"De tous les partis, on s'enfuit, sauf de son parti, le Parti des travailleurs et du Parti communiste du Brésil. C'est la mentalité du troupeau", a déclaré un dirigeant du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), le parti du vice-président Michel Temer, qui a quitté le gouvernement fin mars.
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Le PMDB estime que la destitution sera votée dimanche à la Chambre des députés par 380 voix. Michel Temer s'est dit prêt mardi à former un gouvernement de transition avec d'autres partis pour sortir le Brésil de la crise politique.
UN NOUVEAU PACTE
Un grand nombre de dirigeants politiques se sont rendus cette semaine à la résidence de Michel Temer pour lui apporter leur soutien, indiquent les conseillers de ce dernier.
"Manifestement, il va commencer à réfléchir à un gouvernement lundi si la destitution est votée dimanche", a déclaré son chargé des relations avec la presse, Marcio de Freitas.
De son côté, Dilma Rousseff s'est engagée à former un gouvernement d'union nationale si elle survit à la destitution.
"Ma première décision après le vote à la chambre basse sera de proposer un nouveau pacte entre toutes les forces politiques, sans gagnant ou perdant", a-t-elle déclaré au journal Estado de S.Paulo.
Pour être adoptée, la destitution doit être votée par 342 députés, soit les deux tiers des voix des 513 députés.
Le dossier sera alors envoyé au Sénat. Selon un sondage de l'Estado S.Paulo, 324 députés sont favorables à la destitution, 124 y sont opposés et 65 sont indécis ou n'ont pas répondu.
La Bourse de Sao Paolo a terminé en hausse mercredi pour la deuxième séance consécutive, les investisseurs espérant que la mise à l'écart de la présidente permettra une reprise économique. Le pays connaît sa crise économique la plus grave depuis la Grande dépression des années 30.
Le syndicat patronal des transports, le CNT, s'est dit favorable à la destitution, estimant que le gouvernement de Dilma Rousseff ne disposait pas d'un soutien politique suffisant pour lancer les réformes nécessaires.
La Confédération nationale de l'industrie (CNI), le syndicat patronal, décrit la situation du pays comme "catastrophique".
"Il est temps que ça change", lit-on dans une lettre du CNI adressée aux parlementaires.
(Avec Lisandra Paraguassu et Alonso Soto, Danielle Rouquié pour le service français)
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