Un puissant séisme en Equateur fait au moins 41 morts
reuters.com
reuters.com
par Alexandria Valencia
QUITO (Reuters) - Un séisme de magnitude 7,8 a ébranlé l'Equateur, faisant au moins 41 morts et causant des dégâts considérables près de son épicentre et aussi dans la plus grande ville du pays, Guayaquil, rapportent les autorités.
Le président Rafael Correa, qui a écourté une visite en Italie pour rentrer au pays, a décrété l'état d'urgence dans l'ensemble de l'Equateur et appelé ses 16 millions d'habitants à ne pas céder à l'affolement.
Le vice-président Jorge Glas a déclaré que le bilan pourrait s'alourdir dans les heures à venir et que le séisme de samedi soir était le plus grave qui ait touché l'Equateur depuis 1979.
Le gouvernement a recommandé à la population de s'éloigner du littoral par crainte de vagues déferlantes qui, selon le Centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique, pourraient atteindre 30 cm à un mètre.
Des habitants paniqués se sont précipités dans les rues de Quito, la capitale, située à 170 km de l'épicentre, et dans d'autres villes à travers le pays. L'épicentre de la secousse a été localisé au large, dans l'océan Pacifique, à une profondeur de 20 km.
Le centre américain de veille géologique (USGS) a évalué la magnitude de ce tremblement de terre à 7,8 et situé son épicentre tout près des côtes de l'Equateur.
L'institut équatorien de géophysique évoque des "dégâts considérables" près de l'épicentre et ailleurs, sans plus de détails. Selon le gouvernement, les dégâts sont "considérables" aussi, notamment dans les zones côtières de l'Ouest ainsi que dans la grande ville portuaire de Guayaquil.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Certains villages sont entièrement dévastés", a déclaré à la radio Gabriel Alcivar, maire de la ville de Pedernales, dans la province de Manabi, durement touchée. "Ce qui s'est passé ici, à Pedernales, est catastrophique".
LA PRINCIPALE RAFFINERIE A L'ARRÊT
Les autorités ont fourni peu de détails sur la situation à Guayaquil, point de départ fréquent des touristes étrangers se rendant sur l'archipel des Galapagos.
Des photos diffusées sur les réseaux sociaux sur internet y montrent un pont effondré et des dégâts légers dans le hall d'un hôtel.
"Au début, c'était léger mais ça a duré longtemps et c'est devenu plus fort", a raconté Maria Jaramillo, une habitante de Guayaquil évoquant des vitres brisées et des débris chutant des toits.
"J'étais au septième étage et la lumière s'est éteinte dans tout le quartier et on a évacué les lieux. Les gens étaient très angoissés dans la rue (...) On est partis pieds nus", a-t-elle dit. D'autres images circulant sur internet montrent une tour détruite à l'aéroport de Manta et des fissures sur les murs de centres commerciaux à Quito.
Certains quartiers de la capitale ont été privés d'électricité et de téléphone, et les habitants sont parvenus à communiquer grâce à l'application WhatsApp. Les autorités municipales ont par la suite annoncé le rétablissement du courant et dit qu'il n'y avait pas de victime à Quito.
La production de pétrole n'a pas été affectée par le séisme, mais la principale raffinerie du pays, à Esmeraldas, près de l'épicentre, a été mise à l'arrêt par précaution. L'Equateur est membre de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
Le Pacifique est bordé de failles sismiques et, de l'autre côté de cet océan, le Japon a été frappé jeudi puis dans la nuit de vendredi à samedi par deux tremblements de terre qui ont fait une quarantaine de morts au total, sur l'île méridionale de Kyushu.
(Avec Cristina Munoz à Quito et Yuri Garcia à Guayaquil, Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
reuters.com