Barack Obama dans le Golfe pour rassurer les alliés des USA
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Barack obama en visite dans le golfe
KEVIN LAMARQUE
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Barack obama en visite dans le golfe
KEVIN LAMARQUE
par Roberta Rampton
RYAD (Reuters) - Barack Obama est arrivé mercredi en Arabie saoudite avec l'intention de rassurer les monarchies sunnites du Golfe sur le soutien des Etats-Unis face à leur rival régional, l'Iran chiite.
Alors que les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés du Golfe traversent une phase de crispation, Ryad et ses voisins, conscients qu'un nouveau président s'installera à la Maison blanche en janvier, ne se contenteront pas de belles paroles.
"Nous voulons recevoir des garanties tangibles de leur part", a dit un responsable du Golfe informé des préparatifs de cette visite.
En l'absence d'un traité officiel de défense, une idée exclue avant un précédent sommet, les monarchies du Golfe comptent obtenir au moins de nouveaux systèmes de missiles.
Barack Obama espère pour sa part favoriser une "paix froide" entre les pays du Golfe et l'Iran, dans l'espoir d'apaiser les tensions entre sunnites et chiites à travers la région et d'étouffer le djihadisme armé incarné notamment par le groupe Etat islamique (EI).
Les Etats-Unis et les pays du Golfe partagent l'idée selon laquelle l'Iran joue un rôle déstabilisateur au Moyen-Orient. Mais ils divergent sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la République islamique, ce qui, couplé à l'impression de désintérêt pour la région que renvoie Barack Obama à ses alliés sunnites, alimente les tensions entre Washington et Ryad.
A l'exception d'Oman, qui, pour des raisons historiques, s'efforce de maintenir de bonnes relations avec l'Iran, les monarchies du Golfe craignent que l'accord conclu l'an dernier sur le programme nucléaire iranien ne donne des ailes à Téhéran pour déployer son influence dans la région.
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L'Arabie saoudite s'inquiète en particulier du soutien apporté par l'Iran au président Bachar al Assad en Syrie, au Hezbollah au Liban, aux mouvements chiites en Irak et aux combattants Houthis au Yémen, sur la péninsule arabique.
"PASSAGERS CLANDESTINS"
De leur côté, les responsables américains considèrent l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Iran, hypothèse qu'ils jugent écartée avec l'accord conclu l'an dernier, et l'expansion de mouvements islamistes radicaux comme les plus grandes menaces contre les pays du Golfe et les intérêts des Etats-Unis dans la région.
"Je ne pense pas qu'il puisse y avoir la moindre confusion ou ambiguïté sur qui est notre partenaire dans la région et qui ne l'est pas", a dit Rob Malley, conseiller de Barack Obama sur le Moyen-Orient.
Le président américain, qui a été accueilli par le roi Salman dans un palais de Ryad, participera jeudi à un sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui réunit l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman.
Barack Obama retrouvera ainsi des interlocuteurs qu'il n'a pas ménagés le mois dernier dans une interview avec le magazine The Atlantic. Dans cet entretien, le président américain a jugé que certains pays d'Europe et du Golfe agissaient comme des "passagers clandestins" réclamant des interventions américaines sans s'impliquer eux-mêmes.
Prié de dire si l'Arabie saoudite était une amie des Etats-Unis, Barack Obama avait répondu: "c'est compliqué". Il avait en outre invité les pays du Golfe à "partager" le Moyen-Orient avec l'Iran.
Les capitales du Golfe n'ont pas réagi officiellement à ces déclarations mais le prince saoudien Tourki al Fayçal, ancien chef des services de renseignement, a écrit une lettre ouverte pour dénoncer ces propos et s'interroger sur le bien-fondé de ce qu'il a qualifié de "pivotement vers l'Iran" des Etats-Unis.
Quelques heures avant l'arrivée d'Obama, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, s'est entretenu mercredi à Ryad avec ses homologues du CCG des moyens de contrer l'influence iranienne et de combattre l'organisation djihadiste Etat islamique (EI). Ils sont convenus de coopérer dans la mise en place d'un système commun de défense antimissile et dans le développement des forces spéciales.
Autre source de tension entre les deux parties, le New York Times a rapporté vendredi que le gouvernement saoudien avait adressé une mise en garde aux parlementaires américains, selon laquelle l'Arabie serait contrainte de vendre jusqu'à 750 milliards de dollars d'actifs américains, y compris des bons du Trésor, si le Congrès adoptait une loi susceptible d'imputer la moindre responsabilité au royaume dans les attentats du 11 septembre 2001.
La question du pétrole, enfin, vient modifier les rapports entre Washington et Ryad avec le développement de la production américaine de schiste, qui réduit la dépendance des Etats-Unis aux importations en provenance du Moyen-Orient.
"La bureaucratie commence à intégrer cette idée que le Moyen-Orient est, pour nous, un peu moins important qu'il ne l'était", dit Ellen Laipson, du Stimson Center, un centre de réflexion à Washington.
(avec Yeganeh Torbati; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français)
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