Une Néerlandaise arrêtée en Turquie pour avoir critiqué Erdogan
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ISTANBUL/AMSTERDAM (Reuters) - Une journaliste néerlandaise de renom a été arrêtée par la police turque dans la nuit, ont confirmé dimanche les autorités néerlandaises, une semaine après avoir écrit un article publié aux Pays-Bas dans lequel elle critiquait le président turc Recep Tayyip Erdogan pour la répression de ses opposants.
Le chef de l'Etat turc est connu pour son intolérance à la critique. A sa demande, des poursuites ont été engagées en Allemagne contre un humoriste qui l'avait tourné en dérision.
En Turquie, des poursuites ont été engagées contre plus de 1.800 personnes, journalistes, caricaturistes, universitaires et même écoliers, depuis son élection à la présidence de la République en 2014, a annoncé le ministère de la Justice le mois dernier.
La journaliste néerlandaise interpellée, Ebru Umar, est d'origine turque et très critique envers Recep Tayyip Erdogan. Un porte-parole du ministère néerlandais des Affaires étrangères a indiqué que les autorités suivaient l'affaire "de près" et étaient "en contact" avec la journaliste.
Dans un article paru dans le journal gratuit Metro, elle critiquait un responsable consulaire turc aux Pays-Bas pour avoir demandé aux Turcs de lui faire part des faits d'insultes contre le président Erdogan dans le pays. Cet appel a été très critiqué, y compris par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et a par la suite été retiré.
Dans son article, Ebru Umar qualifiait Erdogan de dictateur.
Sur son compte Twitter, la journaliste a écrit dans la nuit : "Policiers devant la porte. C'est pas une blague."
Elle a ensuite fait savoir sur le réseau social qu'elle était emmenée à un poste de police à Kusadasi, une station balnéaire de la mer Egée.
L'année dernière une autre journaliste néerlandaise avait été expulsée de Turquie après avoir été interpellée. Elle était soupçonnée d'avoir apporté de l'aide à des militants kurdes.
(David Dolan et Thomas Escritt; Danielle Rouquié pour le service français)
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