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Maigre mobilisation contre la loi Travail

reuters.com

Publié le 28 avril 2016 à 09:37 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:56

Nouvelle mobilisation contre la loi travail

Nouvelle mobilisation contre la loi travail

CHARLES PLATIAU

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PARIS (Reuters) - Pour la quatrième fois en moins de deux mois, la huitième en comptant les mouvements de jeunes, des milliers de personnes ont manifesté jeudi en France pour réclamer le retrait de la loi Travail, qui sera débattue à partir de mardi à l'Assemblée.

Des débordements et des heurts avec les forces de l'ordre se sont produits en marge des manifestations dans plusieurs villes, notamment à Paris, Nantes, Rennes et Marseille.

Dans la capitale, plusieurs dizaines de manifestants ont lancé des bouteilles, des pavés et des extincteurs contre les forces de l'ordre à l'entrée du pont d'Austerlitz. Plusieurs vitrines ont été ensuite brisées dans le XIIe arrondissement.

Les sept syndicats opposés au projet, qui manifesteront de nouveau le 1er mai, ne semblent pas avoir fait mieux que le 9 avril, lorsque 120.000 personnes avaient défilé, selon le ministère de l'Intérieur, soit trois fois moins que le 31 mars.

Le niveau des défilés est suivi par le gouvernement, qui compte sur une usure du mouvement après avoir débloqué entre 400 à 500 millions d'euros de mesures en faveur des jeunes.

Pour expliquer le reflux de la mobilisation, les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL) invoquent les vacances scolaires, qui ont démobilisé une partie des jeunes, notamment les lycéens.

"Le gouvernement a déjà fait quelques reculs, mais nettement insuffisants. Donc, cette mobilisation, c'est à la fois vis-à-vis du gouvernement, mais également vis-à-vis du Parlement", a dit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière.

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Les opposants espèrent toujours que le débat parlementaire "permettra de faire bouger les lignes", a souligné pour sa part William Martinet, président du syndicat étudiant Unef.

Les perturbations dans les transports restaient limitées, quarante-huit heures à peine après une grève des cheminots défendant leurs conditions de travail.

"ON EST TOUJOURS DEBOUT"

Selon la SNCF, plus de 90% des trains devaient circuler sur l'ensemble du pays, avec un trafic normal sur les lignes internationales, les TGV, ou encore le RER A et D en région parisienne. Seul le RER B devait être perturbé.

En revanche, 20% des vols étaient annulés au départ et à l'arrivée d'Orly, a annoncé la direction générale de l'Aviation civile (DGAC).

A Marseille, 75.000 personnes, selon les organisateurs, et 4.800 pour la police, ont manifesté alors que la quasi-totalité des lignes de bus étaient à l'arrêt ou en service partiel, et les entrées de la ville paralysées par des retenues automobiles.

"C'est le quatrième round et on est toujours debout. La mobilisation reste de bonne tenue", a estimé le secrétaire CGT des Bouches-du-Rhône, Olivier Mateu.

"Le message au gouvernement est clair, le mouvement prendra forcément une autre tournure s'il continue à ne rien vouloir entendre", a-t-il ajouté, évoquant une possible grève reconductible.

A Rennes, où les syndicats ont dénombré 13.000 manifestants et la préfecture 4.000, des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre et six personnes ont été interpellées.

NOMBREUSES INTERPELLATIONS

Les manifestants étaient 4.000 à Toulouse, selon la police, et 12.000 d'après les organisateurs, contre respectivement 8.000 et 20.000 d'après la CGT le 9 avril.

Dix-neuf personnes ont été interpellées à Nantes après un défilé qui a réuni près de 10.000 manifestants, selon les organisateurs. Des arrêts de bus ont été vandalisés, des poubelles mises à feu, et une voiture incendiée.

"Depuis quelques semaines, Nantes est devenue la capitale du saccage", a dit Bruno Retailleau, le président Les Républicains du conseil régional des Pays de la Loire, dans un communiqué.

A Bordeaux, où 3.000 à 6.000 personnes ont manifesté, selon les sources, quatre jeunes ont été interpellés après des heurts avec les forces de l'ordre, selon une source syndicale.

Bien qu'en déclin, la contestation s'est élargie depuis le 31 mars avec le mouvement "Nuit debout" qui continue d'occuper la place de la République à Paris et le conflit à la SNCF dû à l'ouverture à la concurrence, qui pourrait se durcir.

Face à la levée de boucliers suscitée par la première version du texte, le 14 mars, le gouvernement en a supprimé les mesures les plus contestées. Mais François Hollande a affirmé que le texte lui-même ne serait pas retiré.

Parallèlement, les députés ont modifié en commission plusieurs dispositions dans un sens plus favorable aux salariés, sans pour autant convaincre certains "frondeurs" socialistes.

Les syndicats opposés au projet contestent sa philosophie même, notamment "l'inversion de la hiérarchie des normes" permettant à un accord d'entreprise de primer sur un accord de branche. "C'est un facteur d'inégalités et de précarité", a dit Jean-Claude Mailly.

(Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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