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Un 1er-Mai sous tension contre la réforme du Code du travail

reuters.com

Publié le 02 mai 2016 à 05:33 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:55

Manifestations du 1er-mai sous tension

Manifestations du 1er-mai sous tension

© Charles Platiau / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche à Paris, où des heurts sont de nouveaux survenus, et en province contre le projet de réforme du Code du travail, profitant du traditionnel rendez-vous social du 1er-Mai pour exiger le retrait du texte.

La mobilisation était en recul : entre 83.000 et 84.000 personnes ont manifesté dans le pays, dont 16.000 à 17.000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur et la préfecture de police de Paris. La CGT a salué "un nouveau temps fort" avec "des dizaines de milliers" de manifestants, dont 70.000 à Paris.

Les cortèges de la Fête du Travail avaient rassemblé l'an dernier 110.000 personnes, selon la CGT, 76.000 selon la police, dont 9.000 à 12.000 à Paris.

Deux jours avant le début de l'examen du projet de loi contesté à l'Assemblée, la ministre du Travail s'est montrée inflexible en disant que le débat devait quitter la rue pour le Parlement où le texte, a-t-elle assuré, sera "enrichi".

"Le retrait, ce serait une retraite", a souligné Myriam El Khomri au "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE.

Les défilés se sont déroulés dans le calme en province, où la mobilisation était moindre, mais le cortège parisien a été perturbé par des incidents après les violents débordements de jeudi dernier. Un policier et un manifestant ont été légèrement blessés à Paris, précise le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué.

Les forces de l'ordre ont procédé à 18 interpellations, dont une dizaine à Paris. Le ministre fustige "une minorité marginale et violente".

Des incidents sont survenus également dimanche soir en marge du rassemblement "Nuit Debout", place de la République, qui a été évacuée par les forces de l'ordre à la suite de l'irruption de "casseurs" qui s'en sont pris de nouveau aux policiers, selon la préfecture de police.

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La station de métro République, cible d'une tentative d'incendie, a été fermée et des "dégradations importantes", dont la vitrine d'un magasin brisée, ont été signalées par la police.

Des jeunes cagoulés et/ou casqués avaient lancé dans l'après-midi des projectiles -- pierres, planches de bois, cartons, bouteilles...-- contre les forces de l'ordre en amont du cortège, boulevard Diderot (XIe), qui s'était ébranlé sans heurt de la place de la Bastille vers la place de la Nation.

"TOUT LE MONDE DÉTESTE LA POLICE"

Les CRS, appuyés par des policiers anti-émeutes et des membres de la BAC (Brigade anti-criminalité), ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et de grenades désencerclantes. Sur Twitter, la préfecture de police a fait état "d'un groupe de 300 individus violents".

"Paris debout, soulève-toi!", "Tout le monde déteste la police!", scandaient notamment ces jeunes qui ont conduit les forces de l'ordre à interrompre le cortège plus d'une heure et à le scinder afin d'isoler les éléments les plus virulents.

Le défilé, où des manifestants ont exprimé leur impatience et leur réprobation et sifflé les CRS, a ensuite pu rejoindre la place de la Nation, où échauffourées et dégradations ont repris lors de la dispersion en début de soirée.

En déplacement en Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls avait assuré de la détermination des pouvoirs publics "face aux casseurs" alors que le cofondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, disait sur France 3 redouter un mort et s'en prenait à la "malveillance absolue du haut commandement de la police".

Fait exceptionnel, la CGT et Force ouvrière ont défilé côte à côte avec la FSU, Solidaires, les organisations étudiante (Unef) et lycéennes (UNL, FIDL). Les syndicats "réformistes" (CFDT, CFTC, Unsa, FAGE) avaient organisé des tables rondes sur les thèmes des migrants et de la loi Travail.

"Il y a un vrai problème de société autour de la violence mais après, il y a une génération qui est sacrifiée, il y a des gens qui se sentent de plus en plus exclus : ce n'est pas la bonne façon de faire, mais la colère elle est là", a dit sur iTELE le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

LA LOI SERA VOTÉE, ASSURE EL KHOMRI

Myriam El Khomri a dénoncé les "caricatures" du dirigeant syndical qui estime que son projet de loi permettra à "chaque entreprise d'avoir son propre code du travail". Elle a rappelé que la CGT signait "70%" des accords d'entreprise en France.

La ministre du Travail a assuré que le texte serait voté car "il y a de plus en plus de députés, notamment socialistes, qui revendiquent ce projet de loi." Elle s'est engagée à une application de la loi "dans les six mois" après sa promulgation.

"Ce serait curieux que mardi le gouvernement et le président de la République qui vont célébrer les 80 ans du Front populaire remettent en cause le même jour l'un des acquis fondamentaux de 1936", a dit le dirigeant de FO, Jean-Claude Mailly, sur iTELE.

"La loi ne passera pas, il n'y pas de majorité pour la faire passer. D'une part parce que la droite trouve que cette loi ne lui convient pas, d'autre part parce qu'une partie des socialistes ont dit qu'ils ne la voteront pas", a affirmé Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV.

"C'est important que la mobilisation s'inscrive dans la durée et qu'elle mette le débat parlementaire sous pression", a jugé pour sa part le secrétaire national du Parti communiste.

"Chacun sera devant ses responsabilités : passer en force malgré une opposition qui est majoritaire(...) ou alors tenir compte de cette mobilisation et ouvrir une autre discussion sur un autre texte", a ajouté Pierre Laurent.

"Ça continuera jusqu'au retrait de la loi Travail", a prévenu Olivier Mateu, l'un des responsables de la CGT des Bouches-du-Rhône en marge du défilé à Marseille, où les organisateurs ont comptabilisé 10.000 manifestants et la police 2.100. Les forces de l'ordre ont procédé à sept interpellations.

(Sophie Louet avec Philippe Wojazer, Lucien Libert et Jean-François Rosnoblet)

reuters.com

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