Hillary Clinton veut se rassurer en Oregon et dans le Kentucky
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Clinton a besoin de rassurer son camp en oregon et dans le kentucky
AARON P. BERNSTEIN
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Clinton a besoin de rassurer son camp en oregon et dans le kentucky
AARON P. BERNSTEIN
par Ginger Gibson et Emily Stephenson
WASHINGTON (Reuters) - Si l'investiture démocrate ne semble pas pouvoir lui échapper, Hillary Clinton a besoin de rassurer son camp lors de deux primaires, mardi, dans le Kentucky et l'Oregon, Etats a priori favorables à son rival Bernie Sanders qui refuse de baisser pavillon dans cette course à la présidence américaine.
Selon un décompte provisoire, l'ancienne secrétaire d'Etat dispose de 1.716 délégués et 524 super délégués, soit un total de 2.240 voix sur les 2.382 requises pour être assurée de la nomination lors de la convention nationale du Parti démocrate qui se tiendra à Baltimore en juillet.
Bien que ses chances de l'emporter soient infimes, pour ne pas dire nulles, Bernie Sanders a décidé de mener campagne jusqu'au bout, entretenant une inquiétude dans le camp d'Hillary Clinton.
Celle-ci aimerait passer à l'étape suivante de la procédure et commencer à préparer le face-à-face qui devrait l'opposer à Donald Trump, candidat présumé du Parti républicain au sein duquel il est loin de faire l'unanimité. Au lieu de cela, Clinton doit continuer à convaincre dans son camp et accepter de jouer le jeu des primaires.
Ses partisans s'alarment de voir les primaires durer plus que nécessaire, craignant que le maintien de Bernie Sanders dans la course soit de nature à affaiblir la candidature de leur championne face à un Trump désormais engagé dans une opération séduction chez les républicains.
Les soutiens d'Hillary Clinton s'abstiennent pour le moment d'appeler ouvertement à un retrait de Sanders, ne voulant pas s'aliéner une partie de l'électorat démocrate qui sera nécessaire lors de l'échéance du 8 novembre.
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"Que le sénateur Sanders se maintienne jusqu'au bout ne me pose pas de problème si c'est ce qu'il souhaite faire", explique le conseiller en stratégie Jim Manley, proche de Clinton. "J'espère seulement qu'il le fasse intelligemment et qu'il ne fournisse pas à l'équipe de campagne de Trump plus d'armes qu'elle n'en a déjà sorti contre Hillary Clinton."
FAIRE EXISTER L'AILE GAUCHE DU PARTI
Cette discrétion relative tient compte de la position affichée par les supporters du sénateur du Vermont pour lesquels Trump, en raison de sa personnalité clivante et d'une absence de soutien inconditionnel dans son camp, n'a aucune chance face à Hillary Clinton.
"Il ne fait aucun doute que nous aurons un président démocrate", estime Alisha Liedtke, 28 ans, originaire d'Ellensburg dans l'Etat de Washington qui soutient Sanders.
Selon ses partisans, Bernie Sanders doit continuer l'aventure jusqu'à la convention nationale du 25 au 28 juillet afin d'exprimer la mobilisation de l'aile gauche du Parti démocrate et contester les liens de Clinton avec les milieux d'affaires de Wall Street et son soutien aux traités de libre-échange.
Certains démocrates craignent toutefois que Donald Trump reprenne à son compte les arguments et critiques formulés par Bernie Sanders et qu'il dissuade certains partisans de ce dernier de se mobiliser pour Clinton en novembre.
Aucun danger, répliquent les soutiens du sénateur. Dès qu'Hillary Clinton sera investie, ils se rallieront derrière elle sans états d'âme. D'autres jugent que le maintien de leur candidat peut favoriser Trump lors de la présidentielle mais que cette stratégie se justifie parce que Sanders est plus honnête que son adversaire.
Selon les observateurs, le Kentucky et l'Oregon ne sont pas des terres électorales favorables à l'ancienne Première dame et sa victoire ne sera pas scellée avant le 7 juin lorsque se joueront six primaires dont celles, cruciales, de Californie et du New Jersey.
L'Oregon, avec une population majoritairement blanche et libérale, ressemble à son voisin, l'Etat de Washington qui s'était prononcé en faveur de Sanders fin mars.
Après l'avoir emporté en Virginie occidentale et dans l'Indiana le mois dernier, Bernie Sanders peut espérer s'imposer dans le Kentucky mardi soir même si Louisville et l'ouest de l'Etat sont d'une orientation plus modérée.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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