L'opposition vénézuélienne empêchée de manifester à Caracas
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CARACAS (Reuters) - Les forces vénézuéliennes ont fait usage de gaz lacrymogène pour empêcher des partisans de l'opposition de défiler mercredi dans les rues de Caracas et réclamer le départ de Nicolas Maduro, successeur impopulaire du défunt président Hugo Chavez.
Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue pour rejoindre le siège de la commission électorale, mais des soldats de la Garde nationale et des policiers ont bouclé le quartier et tenté de disperser la foule.
"Ils ont peur. Les Vénézuéliens sont fatigués et ils ont faim", a déclaré Alfredo Gonzales, un manifestant de 76 ans.
Un autre manifestant, José Alirio, 48 ans, qui dit avoir voté pour Hugo Chavez, a lui aussi exprimé son mécontentement à l'égard de Maduro. "Les boulangeries sont vides. Je vais peut-être me mettre à voler. Il doit régler les problèmes ou partir."
La semaine dernière, certaines marches avaient déjà tourné à la violence, les soldats utilisant des gaz lacrymogènes contre de jeunes manifestants qui leur lançaient des pierres.
Nicolas Maduro a prédit en début de journée la "disparition" imminente du Parlement dominé par l'opposition.
"L'Assemblée nationale a perdu toute légitimité politique. Elle va disparaître, ce n'est qu'une question de temps", a dit le chef de l'Etat socialiste, âgé de 53 ans, à la presse.
Il n'a pas précisé ce qui pourrait advenir de l'actuelle législature, même si, en avril, il menaçait de faire amender la Constitution pour réduire la durée du mandat parlementaire, qui est de cinq ans actuellement.
Tirant parti de la colère de l'opinion face au chaos économique, la coalition d'opposition a remporté la majorité à l'Assemblée nationale lors des législatives de décembre et se bat pour qu'un référendum ait lieu sur la question de la révocation de Maduro.
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Mais les hiérarques du Parti socialiste au pouvoir estiment que ce n'est pas le moment d'organiser un tel référendum. De plus, la Cour suprême a invalidé la majeure partie des nouvelles lois adoptées par l'assemblée, ce qui a conduit l'opposition à accuser Maduro d'être devenu un dictateur soutenu par des institutions à sa botte.
"Que ce passera-t-il s'ils barrent la voie de la démocratie ?", s'interrogeait le chef de file de l'opposition, Henrique Capriles, qui se bat pour qu'un référendum ait lieu. "Nous ne voulons pas d'explosion sociale au Venezuela, pas plus qu'une solution militaire", a-t-il dit.
Les manifestations de rue et les scènes de pillage deviennent de plus en plus courantes dans le pays, sur fond de montée de la colère des Vénézuéliens face aux pénuries alimentaires, aux coupures d'électricité et d'eau potable. L'inflation qui sévit dans le pays est la plus élevée au monde
Durant le week-end, Nicolas Maduro a proclamé l'état d'urgence pour une durée de 60 jours, élargissant ses pouvoirs de manière à contourner le parlement, intervenir sur le plan économique et contrôler les rues.
Mardi soir, l'Assemblée nationale dominée par l'opposition, a refusé d'entériner l'état d'urgence, parlant là d'une violation de la constitution et d'une dangereuse accumulation du pouvoir.
(Andrew Cawthorne et Daniel Kai; Eric Faye et Nicolas Delame pour le service français)
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