Rassemblements au Venezuela pour un référendum sur le président
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Rassemblements au venezuela
MARCO BELLO
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Rassemblements au venezuela
MARCO BELLO
par Alexandra Ulmer
CARACAS (Reuters) - Les forces de sécurité vénézuéliennes ont fait usage de gaz lacrymogènes mercredi contre les manifestants à Caracas, sur fond de rassemblements dans tout le pays pour réclamer un référendum de révocation susceptible de mettre fin au mandat du président socialiste Nicolas Maduro.
Lors de cette troisième journée de rassemblements d'opposition en une semaine, plusieurs milliers de contestataires sont descendus dans les rues du centre de Caracas pour une marche en direction du siège de la Commission électorale nationale, ont rapporté des témoins.
Des éléments de la Garde nationale et de la police avaient bouclé la place où ils comptaient se rassembler, et les manifestants se sont regroupés dans les rues avoisinantes en agitant des drapeaux et en scandant "Le gouvernement tombera!".
A plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes, provoquant la débandade de centaines de personnes paniquées. Plusieurs manifestants ont été arrêtés et un jeune homme a été évacué sans connaissance, a constaté un journaliste de Reuters.
Les chefs de l'opposition estiment que le Venezuela est aujourd'hui une "bombe à retardement" et que, si les gens ne peuvent par la voie démocratique tenter d'obtenir le départ de Nicolas Maduro, ils descendront de plus en plus massivement dans les rues.
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Les manifestations spontanées et les scènes de pillage sont de plus en plus fréquentes au Venezuela, sur fond d'aggravation des pénuries alimentaires et de fréquentes coupures d'électricité et d'eau. Le taux d'inflation est d'autre part le plus élevé au monde.
"Les Vénézuéliens sont fatigués, affamés", déclarait mercredi un manifestant de 76 ans, Alfredo Gonzalez.
Si les Vénézuéliens sont de plus en plus en colère face à l'aggravation de la crise économique, nombre d'entre eux ne vont pas manifester, trop occupés qu'ils sont à faire la queue devant les magasins pour se procurer des vivres, et beaucoup ont trop peur pour se joindre à la contestation. D'autres considèrent que la perspective d'un référendum de révocation n'a guère de chance d'aboutir.
"PIÈTRE DICTATEUR"
Dans l'Etat de Tachira, où les violences les plus meurtrières avaient été signalées lors des manifestations de 2014, y faisant 43 morts, l'armée a empêché les manifestants d'atteindre mercredi le siège local de la commission électorale. Lors d'une manifestation dans la ville côtière de Coro, les contestataires ont formé une chaîne humaine à travers les rues.
La manifestation anti-Maduro de Caracas a tourné à la violence, l'armée tirant des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui lançaient des pierres.
Agé de 53 ans, Nicolas Maduro accuse le chef de file de l'opposition, Henrique Capriles, et les autres dirigeants de la contestation de chercher à mener un coup d'Etat avec l'appui des Etats-Unis.
Les autorités ont condamné la manifestation de mercredi à Caracas, déclarant que des contestataires avaient aspergé d'essence deux Gardes nationaux dans l'intention de les brûler vifs, et qu'ils avaient attaqué un dortoir d'étudiants.
"Nous sommes confrontés à une droite profondément violente", a accusé un responsable du Parti socialiste, Jorge Rodriguez.
Le week-end dernier, Nicolas Maduro a décrété l'état d'urgence pour une durée de 60 jours, ce qui lui permet de contourner plus facilement le parlement, d'intervenir dans le domaine économique et de contrôler la rue.
Maduro conserve le soutien, bien que déclinant, du noyau dur des "chavistes", qui saluent les projets sociaux lancés sous Hugo Chavez. La cote de popularité du chef de l'Etat est cependant tombée en dessous de 27% en mars, selon un sondage.
A l'étranger, si certains grands pays d'Amérique latine comme le Brésil et l'Argentine sont repassés récemment à droite, le pouvoir vénézuélien bénéficie toujours du soutien marqué de Cuba, de l'Equateur, du Nicaragua et de la Bolivie.
Le président bolivien, Evo Morales, a condamné ce qu'il considère comme des "agressions" contre son homologue vénézuélien. Mais le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, qui a souvent eu maille à partir avec Maduro, l'a qualifié dans une lettre de "piètre dictateur".
(Eric Faye pour le service français)
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