Le chef des taliban afghans "probablement" tué par une frappe US
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Le chef des taliban afghans sans doute tue par une frappe u.s.
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Le chef des taliban afghans sans doute tue par une frappe u.s.
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par Phil Stewart
WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont conduit samedi une frappe aérienne contre le mollah Akhtar Mansour, chef des taliban afghans, qui selon toute probabilité a été tué dans l'opération validée par Barack Obama, dans un secteur isolé du Pakistan proche de la frontière afghane.
La mission, qui a mobilisé plusieurs drones, est le signe de la volonté affichée du président Obama de poursuivre la direction du mouvement insurgé jusqu'au Pakistan, alors que les taliban n'ont jamais contrôlé ou contesté autant de territoires en Afghanistan depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir par une intervention américaine en 2001.
"Hier, les Etats-Unis ont mené une frappe aérienne visant le dirigeant taliban Mollah Mansour dans une région reculée à la frontière afghano-pakistanaise. Mansour représentait une menace permanente et immédiate", a déclaré le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'une conférence de presse organisée en Birmanie où il était en visite.
"Cette action envoie un message clair au monde; nous sommes déterminés à soutenir nos partenaires afghans qui construisent un Afghanistan plus stable, uni, sûr et prospère."
Les dirigeants du Pakistan et de l'Afghanistan avaient été informés de la frappe, a ajouté le secrétaire d'Etat, qui a précisé s'être entretenu par téléphone avec le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif.
"Ce que nous voulons, c'est la paix. Mansour constituait une menace contre la paix et contre l'objectif de mettre fin à la violence et aux souffrances que le peuple d'Afghanistan endure depuis tant d'années. Il était également opposé aux négociations de paix et à la réconciliation."
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Un porte-parole du président afghan, Ashraf Ghani, a déclaré à Reuters que la frappe semblait être un succès et qu'elle avait été réalisée avec l'assentiment de Kaboul.
Toutefois, deux commandants taliban proches de Mansour et souhaitant rester anonymes, ont démenti sa mort. "Nous avons eu vent de ces informations infondées mais ce n'est pas la première fois", a dit l'un d'entre eux. "Je voulais simplement partager avec vous ma propre information, selon laquelle le mollah Akhtar Mansour n'a pas été tué."
En décembre, Mansour avait déjà été donné pour mort dans une fusillade au domicile d'un autre leader taliban près de Quetta, au Pakistan.
"OBSTACLE À LA PAIX ET À LA RÉCONCILIATION"
Un responsable américain a expliqué que des drones avaient visé le mollah Mansour et un autre combattant taliban qui circulaient à bord d'une voiture dans le sud-ouest du Pakistan, à proximité de la ville d'Ahmad Wal.
Les forces spéciales américaines ont piloté les drones dans le cadre d'une mission mandatée par Barack Obama, survenue samedi vers 10h00 GMT, a-t-il ajouté, soit 15h00 au Pakistan.
Si elle se confirme, la mort du mollah Akhtar Mansour pourrait creuser les divergences entre les taliban et les rendre peu susceptibles de s'engager dans un processus de paix encore très hypothétique.
"Les taliban ne vont pas docilement accepter des discussions, et encore moins au moment où cette frappe menace de fragmenter encore l'organisation", explique Michael Kugelman, spécialiste de l'Asie au Woodrow Wilson Center.
La cible la plus importante pour les Etats-Unis reste la direction du réseau Haqqani, allié des taliban, juge-t-il cependant.
Mansour n'a pas réussi à rallier les factions rivales aux taliban depuis qu'il a été désigné chef suprême des taliban afghans en juillet de l'année dernière, après la confirmation de la mort du mollah Omar, dont il était l'adjoint.
Bruce Riedel, expert de l'Afghanistan au groupe d'études Brookings Institution, craint des retombées sur les relations avec Islamabad. Les dirigeants taliban sont soupçonnés de longue date de trouver refuge dans le pays.
(Avec Mirwais Harooni à Kaboul et les rédactions d'Islamabad, Quetta et Karachi, Henri-Pierre André et Julie Carriat pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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