L'extrême droite autrichienne aux portes de la présidence
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En autriche, l'extreme droite aux portes de la presidence
LEONHARD FOEGER
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En autriche, l'extreme droite aux portes de la presidence
LEONHARD FOEGER
par Michael Shields
VIENNE (Reuters) - L'Autriche pourrait devenir dimanche le premier pays de l'Union européenne à élire un chef d'Etat d'extrême droite, conséquence des peurs suscitées par la crise des migrants perçue par les habitants du bloc communautaire comme une menace sur leur niveau de vie.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 et devaient fermer à 17h00. Les premiers résultats sont attendus après 19h00.
Norbert Hofer, candidat du Parti de la liberté (FPÖ), islamophobe et eurosceptique, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 35% des suffrages le 24 avril et part favori pour l'emporter face à l'indépendant Alexander van der Bellen, ancien chef de file des Ecologistes, qui a recueilli 21% des voix.
Les deux candidats se sont qualifiés pour le second tour à la faveur d'un effondrement des deux partis traditionnels, les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs de l'ÖVP, qui dominent la vie politique autrichienne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ce choc électoral a provoqué des changements au sein du SPÖ, parti majoritaire de la coalition avec l'ÖVP : le chancelier Werner Faymann a quitté ses fonctions la semaine passée pour être remplacé par Christian Kern, ancien patron des chemins de fer.
Le chef de l'Etat autrichien joue traditionnellement un rôle protocolaire mais il dispose de certains pouvoirs, comme celui de nommer le chancelier, de révoquer le gouvernement et assume le pouvoir de chef des armées.
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Les prochaines élections législatives sont programmées en 2018 mais le FPÖ serait bien placé pour l'emporter en cas de scrutin anticipé, les sondages le créditant de plus de 30% d'intentions de vote.
Selon un sondage Gallup réalisé auprès de 600 personnes pour le journal Österreich la semaine passée, Norbert Hofer est crédité d'une avance de 53-47 face à son adversaire. En revanche, l'écart se restreint parmi les électeurs certains d'aller déposer un bulletin dans l'urne, un paramètre essentiel après un premier tour marqué par près d'un tiers d'abstention.
VISION DE L'EUROPE
L'entre-deux-tours a été émaillé d'attaques acerbes entre les deux adversaires.
Norbert Hofer a qualifié son rival de "fasciste écologiste", ce dernier ayant annoncé que s'il était élu, il empêcherait la formation d'un gouvernement par le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache.
Alexander van der Bellen, professeur d'économie de 72 ans, a pour sa part accusé Norbert Hofer de chercher à trouver n'importe quel prétexte pour destituer le gouvernement en place et le remplacer par un cabinet de droite.
Ancien ingénieur de l'aéronautique âgé de 45 ans, Norbert Hofer cache derrière un style discret une détermination de fer comme en témoigne son accident de parapente en août 2003 qui l'avait cloué dans une chaise roulante. Après six mois de rééducation, il était parvenu à retrouver la motricité de ses jambes et à marcher à l'aide d'une canne.
Il a annoncé qu'il ne nommerait jamais une ministre portant le voile, objet qu'il considère comme un symbole de l'oppression subie par les femmes. "Je dis les choses telles qu'elles sont", a-t-il l'habitude de répéter.
Ses déclarations sur la menace posée par l'arrivée de migrants musulmans ont fait les titres de la presse mais la progression du FPÖ est perceptible depuis plusieurs années et n'est pas seulement une des conséquences de la crise migratoire.
Le sentiment électoral est plus diffus et se cristallise aussi sur les questions du chômage, de la sécurité et de la conviction que l'évolution sociale s'accomplit au détriment de la population.
"La principale différence entre Van der Bellen et Hofer est leur vision de l'Europe", note Anton Pelinka, analyste politique à l'Université d'Europe centrale à Budapest.
Favorable à l'Europe, Alexander van der Bellen est un écologiste typique qui attire l'électorat féminin tandis que les électeurs de Norbert Hofer sont plus souvent des hommes avec un faible niveau d'éducation, dit-il.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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