Second tour trop serré en Autriche pour désigner un vainqueur
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Second tour trop serre en autriche pour designer un vainqueur
HEINZ-PETER BADER
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Second tour trop serre en autriche pour designer un vainqueur
HEINZ-PETER BADER
par Michael Shields et François Murphy
VIENNE (Reuters) - Norbert Hofer, candidat de l'extrême droite autrichienne, et Alexander van der Bellen, soutenu par les écologistes, sont au coude à coude au second tour de l'élection présidentielle de dimanche.
Une projection affinée de l'institut SORA diffusée une heure après la fermeture des bureaux de vote donne les deux adversaires à égalité parfaite, à 50,0%. La marge d'erreur de cette projection est de un point.
Les bureaux de vote ont fermé à 17h00. Les premiers résultats officiels ne devraient pas être connus avant 19h00. Compte tenu de la marge infime, il faudra peut-être attendre lundi et le dépouillement des bulletins de vote par correspondance pour savoir qui l'a emporté. Plus d'un électeur sur dix a opté pour le vote postal.
Au premier tour, le 24 avril, le candidat du Parti de la liberté (FPÖ), islamophobe et eurosceptique, était arrivé largement en tête avec 35% des voix contre 21% pour Alexander Van der Bellen.
Eliminés de la course, les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs chrétiens de l'ÖVP, qui dominaient la vie politique autrichienne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n'ont donné aucune consigne de vote dans l'entre-deux tours. Ils ont notamment estimé qu'un appel à faire barrage à l'extrême droite aurait conforté la stature de candidat "anti-système" de Norbert Hofer.
"C'est la photo-finish, un final à couper le souffle", a commenté sur l'antenne de l'ÖRF le directeur de campagne d'Alexander van der Bellen, Lothar Lockl, se félicitant déjà que son candidat ait comblé les 14 points d'écart qui le séparaient de Norbert Hofer au soir du premier tour. "En football, on dirait que le match est entré dans la prolongation", a-t-il ajouté.
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UNE PREMIÈRE DANS L'UE ?
Une victoire de Norbert Hofer ferait de l'Autriche le premier pays de l'Union européenne à élire un chef d'Etat appartenant à l'extrême droite. Elle confirmerait de façon spectaculaire la poussée des partis nationalistes et xénophobes dans un continent où les migrants sont perçus par une large part de l'électorat comme une menace et où l'Union européenne provoque un rejet grandissant.
D'ores et déjà, le séisme du premier tour a provoqué des changements radicaux à Vienne. Le chancelier social-démocrate Werner Faymann, à la tête d'une grande coalition de gouvernement avec l'ÖVP, a démissionné et a été remplacé par Christian Kern, ancien patron des chemins de fer.
Le chef de l'Etat autrichien joue traditionnellement un rôle protocolaire mais il dispose de certains pouvoirs, comme celui de nommer le chancelier, de révoquer le gouvernement et est le chef des armées.
Les prochaines élections législatives sont programmées en 2018 mais un scrutin anticipé pourrait accélérer l'arrivée au pouvoir du FPÖ, que les sondages créditent de plus de 30% d'intentions de vote, un score qui en ferait le possible pilier d'une future coalition.
"Il me suffira de travailler un an ou deux et alors tout le monde verra que je suis OK, que je ne suis pas une personne dangereuse", a dit Norbert Hofer après avoir voté dans sa ville de Pinkafeld, dans l'est de l'Autriche.
Agé de 45 ans contre 73 pour son rival, le numéro deux du FPÖ est la figure rassurante du parti d'extrême droite, divisant moins que son président, Heinz-Christian Strache. Ce dernier a échoué de justesse aux municipales d'octobre dernier dans sa tentative de conquête de la mairie de Vienne mais a porté son parti à un niveau jamais vu.
Les déclarations de Norbert Hofer sur la menace posée par l'arrivée de migrants musulmans ont fait les titres de la presse récemment. Mais la progression du FPÖ est perceptible depuis plusieurs années et n'est pas seulement une des conséquences de la crise migratoire. Le sentiment électoral est plus diffus et se cristallise aussi sur les questions du chômage, de la sécurité et de la conviction que l'évolution sociale s'accomplit au détriment de la population.
"La principale différence entre Van der Bellen et Hofer est leur vision de l'Europe", note Anton Pelinka, analyste politique à l'Université d'Europe centrale à Budapest.
(Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)
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