Barack Obama au Vietnam, l'embargo sur les armes au menu
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Barack obama au vietnam, l'embargo sur les armes au menu
CARLOS BARRIA
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Barack obama au vietnam, l'embargo sur les armes au menu
CARLOS BARRIA
par Matt Spetalnick
HANOÏ (Reuters) - Barack Obama a entamé sa première visite au Vietnam en vue de sceller une alliance avec l'ancien ennemi des Etats-Unis dans une stratégie de "rééquilibrage" régional en Asie pour faire contrepoids à la puissance chinoise.
Le président des Etats-Unis passera trois jours au Vietnam, où il défendra des liens resserrés en matière de défense et d'économie avec le régime communiste, a dit son équipe.
Ce séjour inhabituellement long marque l'importance accordée à Hanoï, où Barack Obama est arrivé dimanche soir.
Vestige du conflit entre les deux pays, le Vietnam fait toujours l'objet d'un embargo sur les armes létales, et sa levée, ainsi que l'accès du Vietnam aux technologies militaires américaines, a été abondamment discutée à l'approche de l'arrivée du chef de la Maison blanche.
Barack Obama a commencé lundi sa visite en rencontrant le président Tran Dai Quang. Il devait également s'entretenir avec les deux autres membres du triumvirat à la tête du pays, le Premier ministre, Nguyen Xuan Phuc, et le chef du Parti communiste, Nguyen Phu Trong.
Quang était encore récemment chef de l'agence de sécurité nationale, et Barack Obama l'a félicité pour les "progrès extraordinaires" accomplis par le pays.
"Que nous parlions de liens commerciaux, économiques, ou de consultations entre militaires, ou de travail humanitaire, ou de notre héritage de conflits (...) Dans tous les domaines, nous avons constaté une coopération croissante, au bénéfice de chacun de nos peuples", a-t-il dit.
Une coopération allant jusqu'à une levée de l'embargo sur les armes est susceptible d'irriter Pékin, qui voit d'un mauvais oeil les efforts américains pour renforcer ses alliances militaires à l'heure où les tensions montent dans la zone disputée de mer de Chine du Sud.
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MOYENS DE PRESSION
L'embargo a été partiellement assoupli en 2014 mais sa levée était encore à l'étude par les responsables américains dimanche soir, au moment de l'arrivée de Barack Obama.
La plupart des conseillers du président sont a minima en faveur d'un assouplissement de l'embargo, et expliquent que Washington doit donner la preuve de sa bonne volonté à Hanoï si les Etats-Unis entendent construire une alliance dissuasive face à la Chine, rapportent des sources proches du dossier.
Dernier incident en date, la semaine dernière, les autorités chinoises ont demandé à Washington de cesser les vols de reconnaissance près de la Chine, après l'interception par deux chasseurs chinois d'un appareil américain au-dessus de la mer de Chine méridionale.
"Personne ne se fait d'illusions", dit Evan Medeiros, ex-conseiller d'Obama spécialiste de l'Asie. "Ce voyage envoie des signaux importants à la Chine quant à l'activisme des Etats-Unis dans la région, et son inquiétude grandissante quant au comportement chinois."
Outre les considérations militaires, le bilan en matière de droits de l'homme du Vietnam reste un point de friction.
Les responsables américains sont soucieux de garder des moyens de pression pour encourager le pays à adopter des réformes politiques, quand les ONG qualifient le régime d'un des plus répressifs au monde.
Toute levée de l'embargo -- qui constituerait une victoire pour Hanoï -- doit donc être faite au cas par cas, pour chaque vente d'armes, et attachée à des considérations en matière de droits de l'homme, ont expliqué plusieurs responsables.
Barack Obama prévoit de rencontrer également des dissidents, ce qui pourrait irriter le régime communiste.
Un journaliste de la BBC couvrant sa visite, Jonathan Head, a déclaré lundi que les autorités vietnamiennes lui avaient demandé d'arrêter son reportage, le soupçonnant d'avoir rencontré un opposant au gouvernement.
(Julie Carriat pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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