Début d'une offensive de l'armée irakienne à Falloudja
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Offensive de l'armee irakienne pour reprendre falloudja a l'ei
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Offensive de l'armee irakienne pour reprendre falloudja a l'ei
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par Stephen Kalin et Ahmed Rasheed
BAGDAD (Reuters) - Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, a annoncé le lancement d'une offensive pour reprendre Falloudja aux combattants de l'organisation Etat islamique (EI).
Cette annonce, dans la nuit de dimanche à lundi, est intervenue quelques heures après un avis de l'armée aux habitants, leur recommandant de se tenir prêts à partir.
"L'heure H de la libération de Falloudja est arrivée. Le moment de la victoire approche et Daech n'a pas d'autre choix que de fuir", dit le chef du gouvernement sur son compte Twitter officiel, utilisant l'acronyme arabe péjoratif du groupe djihadiste.
L'offensive sera menée par l'armée, la police, les services de renseignement, les combattants de tribus locales et une coalition de milices à majorité chiite. Un soutien aérien de la coalition internationale menée par les Etats-Unis est également attendu.
"Notre but est de libérer les civils de la répression de Daech et du terrorisme", a poursuivi Haïdar al Abadi dans un discours télévisé.
Les familles qui n'ont pas pu partir doivent hisser des drapeaux blancs pour signaler leur position dans la ville située à 50 km de Bagdad, a déclaré l'armée à la télévision nationale.
Le chef adjoint du conseil de la province d'Anbar, Faleh al Issaoui, a annoncé que trois voies seraient ouvertes pour les civils vers des camps au sud-ouest, au sud-est et au sud de la ville. Un communiqué ultérieur a précisé que des habitants avaient commencé à fuir.
Dans la journée de dimanche, les forces gouvernementales avaient demandé "aux citoyens toujours présents à Falloudja de se préparer à quitter la ville par des voies sécurisées qui seront précisées ultérieurement".
Selon des responsables irakiens, les milices chiites participant à l'offensive pourraient voir leur action limitée, afin d'éviter d'attiser les tensions avec les résidents sunnites de la ville.
Depuis la fin de l'année dernière, la ville est soumise à un siège quasi total, et les combattants de l'EI empêchent ses habitants de la quitter.
Falloudja est tombée aux mains du groupe d'Abou Bakr al Baghdadi en janvier 2014, six mois avant que la prise spectaculaire de Mossoul, dans le Nord, ne marque l'émergence des djihadistes sunnites de l'EI qui contrôlent aujourd'hui de larges portions des territoires irakien et syrien et s'implantent en Libye.
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DES CIVILS PRIS AU PIÈGE
Des habitants de Falloudja ont dit à Reuters qu'une vingtaine de familles étaient parties d'un quartier du sud de la ville, où se concentre le front des combats, et que seule la moitié d'entre elles étaient parvenues à en sortir. Certaines ont été arrêtées par les combattants de l'EI, d'autres ont été tuées par les explosifs dispersés le long de cette route par les djihadistes, ont-ils ajouté.
Dimanche, Faleh al Issaoui a estimé à la télévision locale que plus de 75.000 civils restaient encore à Falloudja, ce qui correspond à de récentes estimations américaines, qui donnaient un chiffre de 60.000 à 90.000 civils. Plus de 300.000 personnes y vivaient avant le début de la guerre.
Les Nations unies et l'ONG Human Rights Watch ont dit le mois dernier que de sévères pénuries de nourriture et de médicaments touchaient les habitants assiégés depuis plusieurs mois. La ville n'a plus accès à l'aide humanitaire depuis décembre, quand l'armée irakienne avait repris la ville voisine de Ramadi.
Le porte-parole du Premier ministre al Abadi Saad al Hadithi a déclaré que la "libération" de la ville contribuerait à un retour à la normale dans la province d'Anbar, tenue presque entièrement par les djihadistes de l'EI en 2014.
A la suite de récentes offensives de l'armée aux alentours, à Rutba et Hit, une reprise de Falloudja permettrait au régime de contrôler plus de 500 km de route entre Bagdad, la frontière jordanienne, et, à 190 km au nord, la ville d'Haditha.
Les autorités irakiennes ont promis de reprendre Mossoul cette année, quoiqu'en interne certains doutent de la faisabilité du projet dans un tel délai.
(Julie Carriat pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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