Les taliban parlent succession après la mort de leur dirigeant
reuters.com

Barack obama confirme la mort du mollah mansour
HANDOUT
reuters.com

Barack obama confirme la mort du mollah mansour
HANDOUT
par Mirwais Harooni et Phil Stewart
KABOUL/WASHINGTON (Reuters) - Le conseil dirigeant des taliban afghans était réuni lundi pour désigner le successeur du mollah Akhtar Mansour, dont le président américain Barack Obama a annoncé la mort dans une frappe de drone ce week-end au Pakistan.
Les taliban n'ont pas confirmé la mort de leur chef, qui avait succédé l'an dernier à leur fondateur, le mollah Omar, deux ans après la mort, gardée secrète, de ce dernier.
Mais plusieurs responsables du mouvement islamiste ont déclaré que la choura Rahbari, ou conseil de direction, était réunie depuis dimanche pour aborder la question des éventuels successeurs et éviter tout risque de scission.
Le nom du commandant Sirajuddin Haqqani, dont la tête est mise à prix cinq millions de dollars par les Etats-Unis, a été évoqué, ont précisé ces sources.
En visite au Vietnam, Barack Obama a déclaré dans la nuit de dimanche à lundi que le mollah Mansour avait bien été tué dans la frappe de drone menée samedi dans une région reculée du Balouchistan, proche de la frontière afghano-pakistanaise, confirmant l'annonce faite dimanche par le chef de l'exécutif afghan, Abdullah Abdullah.
Le Pakistan, qui a accusé Washington d'avoir violé sa souveraineté en menant cette frappe sans l'en avertir, n'a fourni que peu de détails sur les circonstances de l'attaque.
Qualifiant la disparition du mollah Mansour de "tournant", Barack Obama a déclaré que le dirigeant des taliban constituait un obstacle à la paix en Afghanistan.
OBAMA ESPÈRE RELANCER LA PAIX
"Il rejetait les efforts du gouvernement afghan visant à lancer sérieusement des pourparlers de paix et à mettre fin à la violence", a-t-il souligné dans une déclaration diffusée par la Maison blanche en marge de sa visite au Vietnam.
"Les taliban devraient se saisir de cette occasion pour s'engager sur la seule voie véritable de nature à en finir avec ce long conflit: rejoindre le gouvernement afghan dans un processus de réconciliation qui mène à une paix et à une stabilité durables."
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Rien n'indique cependant que les taliban sont prêts à emprunter cette voie et l'éventuelle nomination de Sirajuddin Haqqani à leur tête ne serait pas de bon augure.
Considéré comme l'un des plus dangereux chefs de guerre taliban, celui-ci est en effet jugé responsable d'attaques sanglantes, notamment celle survenue le mois dernier à Kaboul qui a tué 64 personnes.
Agé d'une quarantaine d'années, Sirajuddin Haqqani est le fils d'un chef des moudjahidine qui avait combattu l'occupant soviétique dans les années 1980. Il a été nommé adjoint du mollah Mansour l'an dernier.
"En se fondant uniquement sur des questions de hiérarchie, (Haqqani) apparaît comme le favori pour succéder à Mansour", a estimé l'expert du Woodrow Wilson Institute Michael Kugelman.
Thomas Ruttig, de l'Afghanistan Analysts Network, estime cependant qu'il sera difficile à Haqqani d'obtenir le soutien des commandants taliban du Sud afghan, dominants au sein du mouvement. Selon lui, l'autre adjoint nommé en même temps que lui en juillet 2015, Haibatullah Akhundzada, a également toutes ses chances.
Les taliban envisagent aussi la candidature du mollah Mohammad Yaqoob, fils du fondateur du mouvement mollah Omar, dont la filiation pourrait rassembler. Les mollahs Abdul Qayyum Zakir et Sherin, ex-détenus de Guantanamo, sont également mentionnés, ont indiqué les mêmes sources.
(Julie Carriat et Tangi Salaün pour le service français, édité par Marc Angrand)
reuters.com